Scoop: Fuzz gagne en Appel contre Olivier Martinez!

Editeur  Je suis vraiment heureux pour Eric Dupin, que j'ai soutenu à ma manière dans cette affaire, et heureux aussi pour le développement des services Internet en France: son site Fuzz, qui avait été condamné en référé dans une affaire l'opposant à l'acteur Olivier Martinez (qui estimait sa vie privée mise en cause par la publication d'un internaute), vient de gagner en appel!

La Cour infirme donc la décision de première instance et reconnaît expressément la qualité d'hébergeur à la société Bloobox.Net pour les contenus postés sur le site fuzz par les internautes, faisant ainsi une stricte application de la loi LCEN sur l'économie numérique.

Il reste à obtenir un jugement similaire dans l'affaire qui oppose Wikio au réalisateur Olivier Dahan, lequel est conseillé par le même avocat que Martinez.

Le bon sens finit toujours par l'emporter!

Les signaux faibles de la conversation

Moi qui vient de la radio, je suis naturellement portée à la conversation plutôt qu'à la dissertation. Petit à petit, avec mon 1er métier (la radio donc) j'ai développé une attention particulière aux non-dits (l'équivalent des "entre les lignes" sur le web), aux silences, à ce que j'appelle les "signaux faibles" de la conversation.

Ces signaux ne sont pas seulement ceux développés en CNV la Communication non verbale qui s'intéresse d'abord au corps et à ses messages. Ici, je parle surtout des signaux faibles du message sans image. Comme par exemple ce post, ou la conversation téléphonique, ou la radio...

Après la radio, je me suis mise à "parler" sur internet, en écrivant des héhéhé et du lol dans mes mails. Là aussi, il s'agit surtout de messages sans images. Je discute "scriptement" (ça existe?) en ligne.  et il y a des silences aussi... Sur le web, les signaux faibles les plus courants sont par exemple : je ne répond pas à un mail (silence) ou je tarde beaucoup. Ou encore j'utilise un mot un peu fort, dans un post, dans un mail, pour qualifier en positif ou négatif une idée ou qq'un. Et je déclenche une mini (ou maxi) relation ou vexation.

La vexation et son expression (l'engueulade) est la monnaie la plus courante sur les blogs. Pourquoi ? On me dit souvent : c'est une question d'ego. Ok. Mais il y a aussi ce qu'on met entre moi et toi, c'est à dire l'échange lui-même avec ses signaux visibles et invisibles ou faibles. Et avec la professionnalisation des blogs, les vexations sont de plus en plus subtiles. Voire cachées silencieuses...

Je trouve que, plus qu'une société de la communication, on est en train d'entrer dans une société de la relation. Une société ou la qualité des messages et de la relation détermine bien plus qu'avant, nos actions.

Et vous, vous avez déjà fait attention à ces signaux faibles ? Est-ce que vous auriez des exemples ?

Quelques lectures autour de ce sujet : Honest Signals du professeur Pentland du MIT. L'article de INternet Actu sur le sujet. Et "BLINK, The power of thinking without thinking" de Malcolm Gladwell.

Le Web2 n'est pas mort.

"Web 2.0 is dead": ce genre de déclaration n'est pas nouvelle. Les gourous américains sont périodiquement fatiguésdéprimés, ou en panne d'inspiration

Non seulement le web 2.0 est déclaré mort, mais on n'en parle même plus dans les conférences Web2, c'est vous dire... D'ailleurs, Loic a bien fait d'appeler la sienne autrement. Je vais y aller, peut-être pour vous y rencontrer.

Alors, mort ou pas mort? ce qui est sûr, au-delà de la fin prévisible du buzzword, c'est que les internautes se sont emparés du Media Internet. Ils interagissent comme jamais. Ils surfent dans le Web2.

Ce qui est sûr également, c'est qu'il n'y a pas de succès économique incontestable dans le Web2. Youtube, Myspace et Facebook, aucun n'arrive à la cheville de Google en ce qui concerne les revenus. Google, dont le Pagerank est une démonstration de la sagesse des foules. 

C'est incroyablement difficile de réussir son entreprise sur Internet, mais pas impossible. Un certain nombre de startups de la seconde vague vont tout de même réussir: Web2 is alive!

Entrepreneurs dans l'âme, nous sommes nombreux à essayer et à nous battre, comme François, qui développe le réseau social familial Hellotipi. La communauté des utilisateurs grossit peu à peu, en serrant les coûts au maximum le service prend le chemin du break-even (l'équilibre financier en bon français). Se battre, c'est dans l'âme de chaque entrepreneur. Tous les jours analyser les progrès accomplis (le Web fournit toutes les statistiques nécessaires). Tous les jours améliorer un peu les fonctionnalités. Tous les jours essayer de faire croître le chiffre d'affaires. Cela vaut pour les petits comme pour les gros. Une pensée pour Freddy et son équipe, qui font des miracles pour rentabiliser Netvibes (au fait, voici ma page publique).

Perso, je me bats aujourd'hui pour Wikio. Je veux construire un lecteur d'informations personnalisable, pour consommer l'info plus vite et avec plus de plaisir. Le sujet est immense. Même si nous n'aurons jamais assez de "ressources" pour développer tout ce que nous avons dans les cartons. Oui, c'est dur, mais on va y arriver, surtout grâce à notre business model.

Je pense que tous les entrepreneurs ont une chance, et ils auront toujours envie de la tenter. Cette après-midi, j'ai reçu un mail de Nils, un jeune entrepreneur qui me présentait son bébé afinito, un site pour partager ses passions, proche de 43things. Tout ce que j'ai envie de lui dire à Nils c'est "vas-y, si tu y crois, fonce!".

Playing to Win était mon slogan interne chez Kelkoo. Je crois profondément que dans le Web comme ailleurs, et plus qu'ailleurs, les meilleurs vont forcément réussir.

Il y a peu de projets Web2 en Europe. Comme lors de la précédente bulle, les VCs européens ont raté le coche, puis ont pris peur avant d'avoir fait grand chose. Mais rappelez-vous Priceminister, lancé en 2001, en plein hiver 1.0. Pierre Kosciusko-Morizet n'a pas trouvé de VCs pour démarrer, et pourtant aujourd'hui sa boite est une grande réussite. Son seul souci est sans doute de trouver de nouveaux moyens pour financer sa croissance.

Finalement, quand on prête l'oreille aux Cassandres, la seule chose qui soit indiscutable, c'est que l'hiver arrive ... mais pour l'instant il ne fait pas si froid ?

Pourquoi est-ce qu'on nous dit "Le Web2 est mort"? est-ce qu'on est pas en train, au contraire, de le faire passer dans la vie?

Prochain Billet: Pourquoi les blogs ne sont pas morts.

Comment le web change le monde...

Francis_dom_et_natacha_2 Je viens de terminer le livre de Francis Pisani et Dominique Piotet "Comment le web change le monde". Ils y analysent en détails la culture participative  du web2.0. J'ai particulièrement aimé le chapitre sur les médias et cette idée que les medias doivent s'adapter à la culture du remix (mixer les sources, les contenus) et à la culture de la redistribution (flux RSS).

Image_1_5 J'ai rencontré Francis et Dominique à paris. (ici sur la photo Dominique répond à Natacha Quester-Séméon) il y a quelques jours à Paris. Je les ai interviewés pour Europe1, le son a été diffusé ce week-end dans ma chronique...

"Comment le web change le monde, l'alchimie des multitudes" est édité par Pearson et l'Atelier.

2 questions à Maître Eolas

Maître Eolas est le plus prolixe des avocats bloggeurs. Il a rédigé plusieurs longs posts, pour expliquer que selon lui les juges des référés qui ont condamné Fuzz, Les Pipoles, Dico du Net dans les affaires Martinez/Asmar et Dahan/Asmar ont eu raison de le faire. Le cher Maître use également de son autorité naturelle pour expliquer pourquoi, selon lui, Wikio devrait également être condamné dans l'affaire Dahan/Asmar.

Cher Maître vous me pardonnerez de ne pas penser que vous êtes le détenteur de la vérité révélée, l'avocat de Wikio, Olivier Iteanu, étant au moins aussi féru de droit de l'Internet que vous-même (mais lui ne blogue pas).

Je vous ai posé deux questions pour essayer de faire évoluer votre point de vue. Vous avez répondu, sans doute un peu vite, je vais maintenant commenter vos réponses, et je serai heureux que vous précisiez votre pensée.

Je fais cela pour nourrir le débat, il y a bien d'autres points que nous pourrions aborder, par exemple celui-ci: comment pourrait-il y avoir atteinte à la vie privée sans le savoir?

Ni dans le cas Fuzz ni dans le cas Wikio il n'y avait de connaissance préalable à l'assignation d'une possible violation de la vie privée, parce que les liens publiés ne sont pas lus préalablement mais affichés automatiquement. Et quand bien même ils seraient lus, nous n'avons pas de possibilité d'identifier a priori un cas d'atteinte à la vie privée qui n'a rien d'évident pour une personne non-informée de la vie d'Olivier Martinez ou d'Olivier Dahan. J'aime bien ce qu'en dit Jean-Marie Le Ray: "Je défie n'importe qui parmi celles et ceux qui clament fraternellement que "c'est bien fait pour leur gueule" (Authueil) , de m'expliquer sur quelles bases le responsable d'un site peut décider a priori qu'une telle info porte atteinte à la vie privée de Machin ou Machine". Vous avez expliqué qu'on peut tout a fait être condamné sans faute ... pour négligence ... mais là il faudrait m'expliquer quelle est cette néglicence ? aurions-nous dû prévoir que toutes les fois que le nom d'Olivier Dahan apparaissait à côté de celui de Sharon Stone dans des informations publiées par tel ou tel éditeur, il fallait passer un filtre sur le mot "amoureux" pour éviter l'atteinte à la vie privée ? et ce filtre sur le mot "amoureux", vous l'appliqueriez à quelles autres combinaisons ? Olivier Martinez et truc muche ? (zut, je ne me souviens pas du nom de la belle). Sarkozy et Carla Bruni ? vous filtrez ? Hollande et Ségolène , vous filtrez ? oui  ? non ?

Nous filtrons les sites nazis et pédophiles, ça oui.

Bon, je reviens maintenant à ces deux questions que je vous ai posées. Les voici.

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Donc, selon vous, Google (qu'Asmar envisagerait parait-il de poursuivre , mais je doute qu'il ait le courage de s'attaquer aux gros, il préfère s'acharner sur les petits sites du Web2 qu'il présume sans doute moins bien défendus) ne serait pas condamnable, alors que Wikio le serait, parce que Google ne ferait pas de choix éditorial, et nous si ?

Il va falloir m'expliquer.

Google, comme Wikio, indexe systématiquement les pages des sites qu'il référence. Son index est évidemment beaucoup plus large, puisque Wikio se limite aux sites d'information et aux blogs.

Ensuite, pour afficher une page correspondant à un mot-clé, Google applique un algorithme, dont on sait qu'il comporte des critères comme: présence du mot-clé dans l'adresse du site, dans le titre de la page, dans la page, importance de chaque site selon Google (ranking), ancienneté, ...

Pour afficher une page, Wikio utilise également un algorythme: présence du mot-clé dans le titre, dans le résumé diffusé avec le flux RSS, dans l'article, présence de concepts proches (par exemple Ajax ou RSS pour la page Web2) , variantes d'orthographe (Web2, Web 2.0), pertinence de chaque site selon notre ranking, fraîcheur de l'information, nombre de votes, de commentaires, ...

Un algorithme, celui de Google ou le nôtre, c'est une machine, pas un être humain qui fait un "choix éditorial". Vous voudrez bien m'expliquer mieux votre point de vue ?

Comme Asmar, vous arguez du fait que la présence d'un lien  people sur toutes nos pages  (comme bien d'autres liens de navigation proposés),  serait un choix "éditorial". Nous proposons aussi un lien politique : Sarkozy aurait-il dû nous attaquer quand il a poursuivi le Nouvel Obs pour l'affaire du SMS , parce que nous avions relayé l'info ?

En quoi le choix de proposer (automatiquement) des liens de navigation vers telle ou telle page nous rendrait-il "éditeur" du contenu (liens et résumés d'articles) affiché automatiquement sur les pages par l'application de notre algorithme ? (au fait, jetez un oeil en bas de cette page: Google propose aussi des liens de navigation).

Les éditeurs des résumés affichés sur nos pages sont bien les media et les blogs qui ont écrit les articles (et qui diffusent leurs flux RSS). 

Vous nagez en pleine contradiction en prétendant que "mettre sur le dos des sites qui (...) créent un contenu original indexé par Wikio, Fuzz et les autres,(...) une responsabilité démesurée par rapport à leur propre audience, donc à leurs revenus potentiels, et le seul choix rationnel qu'il leur reste est de cesser la diffusion par flux RSS. Et si on leur met aussi sur le dos la responsabilité des reprises manuelles à la Fuzz, il ne leur reste plus qu'à fermer leur sites"...quand dans le même temps vous exonèrez Google de toute responsabilité, alors que chacun sait que l'audience de Google est infiniment supérieure à celle de tous les sites Web2. Vous devriez convenir qu'une rumeur qui déplaît à Monsieur Olivier Dahan relayée par Google, ça pèse autrement plus lourd que la même rumeur relayée par Wikio ou Dico du Net.

Quant à la deuxième question que je vous ai posée, ne devrait-elle pas vous faire réfléchir ?

A votre connaissance (et à la mienne), aucun pays dans le monde démocratique n'a jamais condamné un moteur de recherche, un aggrégateur ou un digg-like pour avoir relayé une information.

Pensez-vous réellement que la France doive se distinguer par une répression aveugle de l'Internet ?

Ne croyez-vous pas que c'est ça la vraie question qui compte, et non vos inquiètudes mal placées sur la "fermeture des sites" medias et blogs si on ne condamne pas les méchants sites web2 ?

Au fait, avez-vous remarqué que dans tous les pays du monde où on ne pratique pas cette chasse aux sorcières contre les équivalents de Wikio ou de Fuzz , les medias et les blogs ne s'en portent pas moins bien, et en plus, je vais vous faire une confidence : ils n'ont pas arrêté de diffuser leurs flux RSS !

L'honneur du Web

Les affaires Wikio/Dahan et Fuzz/Martinez amènent une vaste discussion sur la liberté d'information dans le Web français. On pourrait presque remercier Emmanuel Asmar, l'avocat à l'origine de ces procèdures, pour avoir ouvert le débat (cela dit, on attend toujours qu'il attaque Google pour être cohérent avec sa propre pensée).

Dans ce débat, on trouve de nombreux bloggeurs, des journaux en ligne, des défenseurs de la liberté et d'autres, adeptes du tout répressif.

Vous pouvez suivre tout ce qui se dit sur Internet sur une page Wikio que j'ai créée pour l'occasion. Cliquez sur le bouton (vous pourrez ensuite reprendre le flux rss pour le lire dans le lecteur de votre choix si vous voulez).

add page

Mais si vous ne lisez qu'un article, si vous vous interessez vraiment au fond du débat, lisez celui de Jean-Marie Le Ray sur Adscriptor. Cet article fait honneur au Web.

L'ordonnance de référé de Fuzz démontre l'incompréhension du juge

Eric décidera s'il veut faire appel ou non. Je souhaite qu'il le fasse, mais c'est son choix. Il faut savoir que ce jugement (qui est un simple "référé") ne fait pas jurisprudence. Mais il démontre une grande ignorance du fonctionnement des plateformes de publication collective comme Fuzz.

Eric a publié ces extraits du référé.  Explication de texte.

Référé: en renvoyant au site "celebrites-stars.blogspot.com", la partie défenderesse opère un choix éditorial, de même qu'en agençant différentes rubriques telles que celle intitulée "People" et en titrant en gros caractères "KYLIE MINOGUE ET OLIVIER MARTINEZ TOUJOURS AMOUREUX ENSEMBLES A PARIS", décidant seule des modalités d'organisation et de présentation du site ;

Commentaires:

- c'est un internaute qui a publié ce lien surs Fuzz, en aucun cas Fuzz n'a fait un "choix éditorial" en publiant ce lien.

-  le juge croit apparemment que c'est Fuzz qui a mis des "gros caractères" , alors que c'est l'internaute qui a écrit en majuscules.

Référé: Qu'il s'ensuit que l'acte de publication doit donc être compris la concernant, non pas comme un simple acte matériel, mais comme la volonté de mettre le public en contact avec des messages de son choix ;

- Conclusion fausse il n'y a pas de "volonté (de Fuzz) de mettre le public en contact avec des messages de son choix" dans ce cas.

Référé: qu'elle doit être dès lors considérée comme un éditeur de service de communication au public en ligne au sens de l'article 6.III.1.c de la loi précitée renvoyant à l'article 93-2 Loi du 21 juillet 1982 ; qu'il convient d'ailleurs de relever que le gérant de la société défenderesse Eric DUPIN, écrit lui-même sur le site qui porte son nom, qu'il "édite" pour son propre compte plusieurs sites, parmi lesquels il mentionne "fuzz" (pièce n°11 du demandeur) ;

- Pour condamner Fuzz, le juge doit absolument montrer qu'il est "éditeur", et non "hébergeur", car les hébergeurs sont protégés par la loi LCEN. "elle doit être dès lors considérée comme un éditeur"  ne tient pas, étant donné que les conclusions précédentes sont erronées. Le seul argument du juge qui pourrait peut-être tenir en cas d'appel: Eric lui-même a écrit qu'il "édite" des sites, dont Fuzz. Cela montre à quel point il est important de publier sur les sites Internet des conditions générales parfaitement claires!

Mais l'"erreur" d'Eric, à mon avis, ne signifie pas nécessairement qu'il doive être considéré comme "éditeur" et non "hébergeur" au sens de la LCEN. Le juge n'arrive à cette conclusion qu'en s'appuyant sur les points précédents qui témoignent de son incompréhension de ce qu'est une plateforme de publication collaborative comme Fuzz.

Référé: Que la responsabilité de la société défenderesse est donc engagée pour être à l'origine de la diffusion de propos qui seraient jugés fautifs au regard de l'article 9 du code civil (...)

CQFD...Fuzz est condamné, à tort à mon avis.

Fuzz condamné: et si organisions tous ensemble une journée Blogs Noirs en solidarité?

Croixnoire1915 La nouvelle est en train de mettre le feu aux poudres: le juge des référés du Tribunal de Grande Instance de Paris a condamné Fuzz, et son responsable Eric Dupin dans l'affaire qui l'opposait à Olivier Martinez.

Cet acteur reprochait à Fuzz d'avoir publié un lien déposé par un internaute (c'est le principe de tous les sites collaboratifs) , qui redirigeait vers un blog publiant une rumeur sur une histoire de coeur.

Je n'aurais pas cru la justice capable de condamner Fuzz dans cette affaire que tout habitué d'Internet considèrera comme grotesque, tellement elle illustre la méconnaissance d'Internet soit par la loi, soit par les juges de ce beau pays de France.

Et c'est bien la question, et la seule qui compte: est-ce que le juge s'est trompé parce qu'il ne connait pas l'Internet? ou bien est-ce que la loi est obsolète et il faut la changer?

J'attends d'en savoir plus, et de lire les attendus de la décision du juge, mais je crois que c'est grave.

Ainsi je lis sur Le Figaro:

Pour le tribunal, «l'acte de publication doit être compris non pas comme un simple acte matériel, mais comme la volonté de mettre le public en contact avec des messages de son choix». Fuzz.fr «doit donc être considéré comme un éditeur de service de communication au public en ligne», responsable du contenu qu'il publie. Et non comme simple hébergeur.

---> "volonté de mettre le public en contact avec des messages de son choix": ça veut dire quoi? je ne crois pas qu'Eric fasse un tri manuel? le juge sait-il ce qu'est un algorithme?

Je ne vais pas m'étendre davantage sur le sujet avant d'avoir lu les attendus de la décision, il faut bien la comprendre, l'enjeu est tellement énorme: c'est la mise en cause éventuelle de tous les sites collaboratifs en France. Si les sites collaboratifs doivent valider a priori tout ce que les internautes publient: commentaires, liens, ... en portant la responsabilité pénale des écrits des utilisateurs, c'est tout simplement ingérable. Et on ne sait même pas où s'arrêteraient les dégats éventuels? un moteur de recherche pourrait-il être condamné au prétexte qu'il 'a la volonté' de mettre le public en contact avec une rumeur malveillante, parce qu'elle a été indexée?

Cette condamnation n'a pas de sens. Soit la loi est à côté de la plaque, soit c'est le juge.   

D'ores et déja, Eric, je te conseille, je te demande, de faire appel.

Tout l'Internet sera avec toi.

Et pour le démontrer, j'ai lu dans un commentaire sur ton blog une proposition qui me parait de nature à porter le débat dans les "grands medias":

et si nous organisions une journée Blogs Noirs? une journée ou tous les blogs seraient éteints, ou même publieraient un grand post tout en noir?

effet garanti! qu'en pensez-vous?

Allez, on fixe la date?


 

Les sites Web2 peuvent-ils conquérir le grand public?

Si on mesurait le succès du Web 2.0 au buzz dans les medias, ce serait un succès sans précédent. Si on mesure en terme d'audience, c'est moins évident.

Image_7 Les chiffres d'un grand institut d'études d'audience, montrent qu'en dehors de Dailymotion, qui surfe sur la vidéo, les autres sites n'ont pas encore conquis une audience massive.

Quand on pense au buzz autour de facebook dans tous les medias depuis des mois et des mois, on peut se demander pourquoi ils stationnent un peu au-dessus d'un million et demi d'utilisateurs mensuels. La France des profondeurs des Skyblogs serait-elle réfractaire à Facebook?

Justement, ce qui est encourageant pour moi, c'est de voir Wikio si proche de Facebook malgré le battage médiatique considérable dont a bénéficié ce dernier.

A l'inverse, Wikio a été plutôt discret mais tout de même, 1,5 million de visiteurs uniques en Janvier, ce n'est pas rien. Nous en avons mesuré davantage avec nos outils internes (2,6 millions), mais ce genre d'écart est traditionnel. Surtout, je suis conscient des manques de la version actuelle de Wikio qui n'est pas encore assez grand public, attractive et facile d'emploi.

C'est tout l'enjeu d'Europa dont nous venons de commencer le beta-test. Nous voulons tirer partie à fond des technologies Web2, mais en masquant leur complexité. Il faut faire du Web2 comme Monsieur Jourdain faisait de la prose: sans le savoir.

A cette condition, Wikio sera un grand portail d'information véritablement pour tous les publics.

LIFT 08 : dans la vraie vie...

Lift_stage Magnifique journée à Lift 2008.
Des rencontres, des speakers qui tiennent la rampe. C'est riche et ça brasse, comme prévu.
Je ne ferai pas de compte-rendus de la conférence, déjà très bien fait ici.

Parmi les dizaines de rencontres que j'ai faites, une m'a particulièrement marquée : Jasmina Tesanovic. Catherine_lottier_et_jasmina_tesa_2 Bloggeuse d'origine serbe (elle vie en Italie depuis 30 ans), elle a réalisé des films (en a écrit un pour Pasolini), traduit des livres, en a écrit beaucoup d'autres... Elle blogue depuis plusieurs années notamment pour Boing Boing. Elle est aussi et surtout une femme exceptionnelle par son engagement politique en Serbie, militante pacifiste au côté du groupe féministe  "Women in black".

La voici (à droite sur la photo) à Lift aujourd'hui...au côté d'une autre "woman in black" (dans les fringues seulement), my friend Catherine Lottier, tête chercheuse à Canal plus.

Seule déception de la journée : le keynote d'ouverture par Bruce Sterling, journaliste écrivain emblématique du mouvement cyber punk, qui a marqué toute une génération dont je fais partie. Sterling (dont j'ai depuis appris qu'il est aussi le compagnon de Jasmina Tesanovic) a consacré tout son speech à un seul sujet : Carla et Nicolas Sarkozy (et leur avenir en 2008). Sans pertinence avec une conférence intelligente comme Lift.