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Le blog de Pierre Chappaz
Internet évolue vite, c'est bien connu. Mais je n'aurais jamais imaginé que moins de six mois après avoir écrit un billet expliquant "pourquoi Twitter vaut peut-être 10 milliards" (explication: le service a réalisé un hold-up sur les liens, matière première des moteurs de recherche), j'allais écrire celui-ci.
Bon, j'ai aussi écrit en Mars 2010 "Twitter. la fin des illusions": Loin d'atteindre les chiffres d'utilisateurs faramineux annoncés par certains ("bientôt 1 milliard"...), le réseau n'attire qu'une vingtaine de millions d'utilisateurs actifs (selon la définition de Twitter, ce sont les utilisateurs qui suivent au moins 30 personnes et sont suivis par au moins 10). Essentiellement des blogueurs et des journalistes.
Certains vont me dire: "Pierre, tu es disqualifié pour parler de Twitter puisque tu n'y croyais pas". J'ai en effet écrit en 2007 un billet remarqué, "Twitter, web 2 geek", dans lequel je faisais part de mon scepticisme sur l'outil. Puis je m'y suis mis, comme beaucoup, essentiellement pour partager les articles que je trouve intéressants et faire la promotion de mon blog.
Je peux me tromper, mais voici ce que je pense.
Beaucoup de geeks vont abandonner Twitter pour Google +
L'une des raisons essentielles du succès de Twitter, c'est que les geeks l'ont adopté et s'y sentent bien entre eux. Loin des foules qui peuplent Facebook.
Les geeks produisent et consomment beaucoup d'informations, et la limitation des tweets à 140 caractères (due aux SMS) leur plaît, parce qu'elle leur permet de gagner du temps. Par contre, la conversation sur Twitter est horriblement peu pratique: quand vous commentez un tweet, vos followers vont voir votre commentaire sans la plupart du temps savoir à quoi il se rapporte. D'ou cette impression de brouhara digne d'un hall de gare. Vous captez des bribes de conversation. Et le partage de videos et de photos reste compliqué.
Le problème de Twitter, c'est Google +. Le réseau social de Google, qui comptait déja 20 millions d'utilisateurs 3 semaines après son lancement.
Les geeks essayent naturellement Google +, et beaucoup l'adoptent. La qualité des fonctionnalités, de l'interface, en font un espace agréable pour partager de l'info et discuter ... entre geeks (pour l'instant).
Google + emprunte beaucoup des fonctionnalités de Twitter (comme la possibilité de suivre quelqu'un sans qu'il vous suive) et de Facebook (publication facile de photos, de vidéos, conversation, like/+1) et y ajoute un filtre bien conçu, les cercles. Avec les cercles vous n'être plus submergé par le flux comme sur Facebook, et même sur Twitter: vous pouvez très facilement suivre des groupes de personnes pour des motifs différents: blogosphere, stars, boulot, famille, etc. selon vos desiderata.
L'intégration de Google + avec les autres outils Google lui apporte une puissance de diffusion impressionnante, malgré quelques défauts de jeunesse comme la gestion multi-comptes et l'intégration avec Google Apps.
Je suis déja en relation avec 1000 personnes sur Google + alors que je n'ai diffusé aucune invitation. Et je discute autant avec ces 1000 personnes qu'avec mes 8000 followers sur Twitter.
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Twitter va-t-il devenir une coquille vide?
Vraiment, je pense que Twitter, qui n'a toujours pas trouvé de business model solide, est en grand danger.
Déja on voit fleurir des outils de republication automatique, pour publier sur Google + et diffuser automatiquement sur Twitter.
Que va-t-il rester à Twitter pour résister? l'attrait de la briéveté avec cette limite de 140 caractères? la volonté de résistance de certains, dont je suis, contre l'hégémonie de Google? Franchement, cela ne me semble pas suffisant. L'avenir de Twitter s'annonce difficile. Ils doivent avoir du mal à boucler le tour de table dont on parle en ce moment (levée de 800 millions de dollars sur une valorisation de 8 milliards). Ce n'est peut-être pas le début de la fin mais certainement la fin de la Hype.
Quant à Facebook, il a également du souci à se faire s'il ne s'améliore pas très vite.
Nous avons vu dans le cas MySpace à quelle vitesse les utilisateurs d'un réseau social peuvent l'abandonner au profit d'un autre. C'est comme dans la vraie vie: un nouveau bar sympa s'ouvre dans votre quartier, tout d'un coup vous l'adoptez et il devient votre lieu préféré.
A lire également ce billet de Yassine inspiré de celui d'Elgan sur Computerworld.
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