Partager l'article ! JEI: Comment réussir une startup en France si les règles fiscales changent tout le temps?: Les dispositifs JEI (Jeunes Entreprises Innovantes) ...
Le blog de Pierre Chappaz
Les dispositifs JEI (Jeunes Entreprises Innovantes) et CIR (Crédit Impôt Recherche) sont bien connus pour favoriser l'emploi des chercheurs en France. Pour une entreprise de technologie, être reconnue JEI, c'est bénéficier pendant 8 ans d'une exonération des charges patronales, pour les salariés participant à la R&D (Recherche et Développement). Les charges patronales, cela représente rappelons-le la moitié du salaire brut. C'est particulièrement important pour les chercheurs et les développeurs, dont le salaire chargé représente un coût difficilement supportable pour une startup, c'est-à-dire une entreprise en démarrage, dont les revenus suffisent rarement à couvrir les dépenses les premières années.
L'Etat change les règles au milieu de la partie
Quand on dirige une entreprise, on planifie, on essaye de prévoir au plus près les coûts et d'estimer les recettes, afin d'assurer la pérénité de la société et le paiement des salaires. Quand on embauche, on tient compte des règles existantes, notamment en matière de charges. Je ne vous cache pas que le dispositif JEI nous a fortement encouragé ces dernières années à recruter des chercheurs et des développeurs de haut niveau chez Wikio, pour travailler sur les technologies d'analyse de l'information qui sont au coeur de notre métier.
Mais voila que tout d'un coup l'Etat décide de changer les règles.
La proposition de loi du PLF 2011 prévoit de réduire les mesures phares du statut, en introduisant les limitations suivantes:
Concrètement, pour une entreprise comme la nôtre, cela va alourdir très sensiblement nos charges, car nous ne sommes plus une micro-entreprise, mais une PME de 120 personnes. L'économie réalisée par l'Etat est ridicule à son échelle, on parle d'une cinquantaine de millions. Mais à notre échelle, cela ne va pas nous faciliter la vie. Nous n'allons heureusement pas devoir licencier une partie de nos développeurs, mais nous allons être plus prudents sur les embauches. Nous nous développerons peut-être moins vite.
C'est dommage que ce gouvernement, plutôt que de raboter les aides aux startups, ne choisisse pas plutôt de gaver un peu moins les grandes entreprises, qui sont les principales bénéficiaires du Crédit Impôt Recherche, et autres Grand Emprunt (allez voir l'usine à gaz décrite par Olivier Ezratty, mais comme on dit en langage énarchique, "tout est déja flèché", ce n'est pas pour les startups).
Dans la même inspiration, il est je crois question de réduire la réduction d'ISF consentie pour les investissements dans les PME, et notamment les startups. Dommage, vraiment, pour une fois que Sarkozy avait pris une bonne mesure.
--> communiqué de France Biotech
--> groupe facebook "sauvons les JEI"
--> Plus de réactions sur le rabotage du statut JEI
Post Scriptum: Je fais partie de ceux qui pensent que la société française se porterait mieux si les charges sociales et les impôts étaient moins élevés (et les salaires nets plus élevés). Mais la baisse des charges sociales en France, ce n'est pas pour demain comme vous vous en doutez.
Les dispositifs ciblés de réductions de charges sont donc des pis-aller, mais ils ont le mérite d'exister. Dans le cas du JEI il s'agit de favoriser le développement d'emplois et d'entreprises de haute technologie. Est-ce important ?
les règles fiscales changent tout le temps... et seront susceptibles de changer encore plus dans les mois à venir (voyez déjà les rumeurs à propos de la taxation sur le capital mobilier - immobilier), parce qu'on est en train d'assister aux prémices d'une véritable chasse aux rentrées d'argent de la part du gouvernement. Chômage dur et galopant, crise boursière puis économique, paupérisaton, crise européenne etc. Les convictions et parti-pris de 2007 sont loin. Je suppose qu'aucune "niche" de revenus potentielle n'échappera aux analyses du Ministère de l'Economie...
Bien sûr que oui, ce sont les TPE, PME et jeunes entreprises innovantes qui constituent un des socles du développement et de la croissance. Mais pour cela, il faut les laisser se développer, être patient, les accompagner, pour qu'elles portent leurs fruits. Malheureusement l'heure n'est plus à la patience mais à l'urgence : l'Etat a besoin d'espèces sonnantes et trébuchantes ;-)
Ce gouvernement vient à nouveau de montrer à quel point il était incompétent, stratégiquement et tactiquement.
Heureusement que bien peu de JEI sont aussi mal pilotées que la France :-(
Bon Congrès ... René Ricol vous dira ce qu'il compte faire des 4 milliards réservé au numérique dans le "Grand Emprunt" ... dont les startups ne verront probablement pas la couleur ... et de toute manière cette course à l'échalotte de la chasse aux subventions est épuisante, ils feraient mieux de baisser les impôts et les charges plutôt que de creuser la dette !
Je dirige une entreprise de plus petite que toi puisque nous sommes 10 salariés. Et les dispositifs JEI et CIR sont encore plus critiques pour nous. C'est simple, nos plans de financement n'auraient pas tenu sans eux.
De même, la loi TEPA nous a permis de faire venir des business angels, là où les sociétés de capital investissement n'ont pas voulu faire le pas.
S'ils enlèvent ou bien "rabottent" ces dispositifs, alors dur, dur d'être une PME en France.
Bernard
Évidemment, il y a bien un inconvénient, c'est qu'il est très difficile de recruter des informaticiens là-bas, la faute au plein emploi qui règne dans cette belle contrée.
Quel contraste avec le pays des grèves, des paresseux, des râleurs arrogants, de l'assistanat, des charges élevées...