Il y a quelques jours j'ai publié ceci sur mon Twitter. Pour voir de quoi je parle:  Image 45

Soudoplatoff m'a répondu: "Celui qui n'est pas communiste à 20 ans n'a pas de coeur. Celui qui l'est toujours à 40 n'a pas de tête."


J'ai donc été communiste à 18 ans. Militant, comme mes parents. Ma déception a été à la mesure de l'utopie: les révélations successives des horreurs commises m'ont ouvert les yeux, et j'ai été vacciné contre toute forme de totalitarisme.

Ensuite pendant longtemps j'ai voté socialiste, avec des éclipses. Jusqu'à Jospin, que j'aimais bien, même si je lui trouvais un côté triste.

Peu à peu j'ai évolué vers la droite. Mais je n'ai jamais été chiraquien: ce type a endormi le pays. 

Je me reconnais dans le mot de Kennedy "avant de demander à ton pays ce qu'il peut faire pour toi, demande-toi ce que tu peux faire pour lui".

En 1999, je suis devenu entrepreneur (Kelkoo).

La France n'est pas un pays facile pour entreprendre. On y aime guère les entrepreneurs, et les entrepreneurs Internet y ont souvent été traités de fous, ou de filous. 

J'ai pu comparer la France et les autres pays ou j'ai développé l'entreprise, et embauché plusieurs centaines de personnes. Chez nous les charges sociales sont très élevées, ce qui freine l'embauche et diminue les salaires nets. Parfois je me dis avec humour que mes combats de jeunesse ont été victorieux: la France est devenue une sorte d'Etat socialiste. N'est-il pas socialiste, cet Etat qui ponctionne la moitié de la richesse produite puis la redistribue?

Avec un tel  niveau de prélèvements, les particuliers et les entreprises ne s'en sortent pas. Tout le monde est placé par l'Etat en situation de dépendance: les entreprises aux subventions, comme les particuliers aux allocs.

En 2007, j'ai voté Sarkozy. J'aimais bien son discours sur la valeur du travail et ses critiques contre les excès de l'assistanat généralisé. Je n'avais pas bien lu les discours de campagne de Guaino, sinon je n'aurais pas été surpris: cette excellent article du Monde l'explique bien, nous avons en réalité élu un cégétiste. Certes, Sarko ne remplace pas un fonctionnaire sur deux qui part en retraite, mais c'est pratiquement la seule mesure courageuse qu'il ait prise. Comme tous les présidents de droite avant lui, Sarkozy passe sa vie à donner des gages à la gauche.

C'est la loi du genre, on se fait élire par un camp, la droite ou la gauche, puis on fait la politique inverse, parce qu'une fois au pouvoir il n'y a rien de plus important que le conserver. En Espagne, le socialiste Zapatero a supprimé l'ISF. En France Sarko n'a pas osé, il a seulement renforcé le bouclier fiscal. 

Pourquoi voter? puisqu'il n'y a pas dans ma région (PACA) de candidat qui me convienne.

Et puis une nouvelle ligne de fracture se dessine, celle de l'attitude par rapport aux libertés sur Internet. Et sur ce point je me sens aux antipodes de Sarkozy.


Je n'irai pas voter Dimanche prochain.
Publié dans : Actualité - Ecrire un commentaire - Voir les 26 commentaires
Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 12:26
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Commentaires

Je te l'accorde, en PACA, c'est pas la joie, niveau candidats. Sauf que ne pas voter, c'est ouvrir la porte aux extrémistes, qui eux ne manqueront pas de se présenter aux bureaux de vote dès l'ouverture.
Alors à défaut de voter 'pour', il faudra bien voter 'contre', et entre deux maux, choisir le moindre...
Commentaire n°1 posté par Sophie Gironi le 07/03/2010 à 12h40
Le problème est pas tant que les richesses soit ponctionnées. Plutôt qu'elles soit redistribuées de façon absurde.
Commentaire n°2 posté par cheewie le 07/03/2010 à 12h42
Quand on ne veut voter pour aucun candidat, on vote blanc !

Le vote blanc a été créé pour ça, il est quand même incroyable qu'un principe si simple soit oublié aussi facilement : aucun candidat me conviens, je vote blanc, afin de le montrer.


Si je ne vais pas voter, je manque simplement à mon devoir de citoyen. Dans ce cas, je ne me plains pas que les politiques manquent à leur devoir de politique, puisque je ne fais pas mieux.
Commentaire n°3 posté par _Troll le 07/03/2010 à 12h55
Je comprends ton point de vue. Néanmoins, et là je vais encore sortir le discours habituel, souviens-toi des gens qui sont morts pour qu'on puisse voter. Alors va voter, même blanc, mais va voter.
Commentaire n°4 posté par Lemeb le 07/03/2010 à 12h57
Analyse globalement partagée (sauf qu'en ce qui me concerne je ne suis jamais passé par les cases "communisme" ou "socialisme").

Reste que pour ma part, je n'ai pas l'intention de faire de cette élection régionale une sentence de ma déception concernant Nicolas Sarkozy.
Commentaire n°5 posté par Jean le 07/03/2010 à 01h22
Pour avoir moi aussi créé ma première boîte en 1999 et découvert la vie professionnelle à travers l'entrepreneuriat, je rejoins l'avis de Pierre.

On n'aime pas les entrepreneurs en France, et c'est peu de le dire. Même nos jeunes employés (nous avions tous la vingtaine) nous considéraient comme des « profiteurs », quand bien même nous prenions tous les risques et eux les « victimes » du système.

Oui, les prélèvements sont trop élevés ; oui, il est très difficile d'embaucher et de licencier ; la paperasserie se double des erreurs de l'administration et font perdre un temps incroyable aux petites structures.

Depuis 1999, je n'ai rien vu au niveau politique qui ait véritablement changé la donne, si ce n'est peut-être l'Auto-Entrepreneur, mais ce statut aura certainement des conséquences négatives sur le tissu professionnel qu'il est aujourd'hui difficile d'évaluer, faute de recul.

Je ne vote d'ailleurs plus depuis 1995. Quant à ceux qui agitent le spectre de l'extrême droite aux abstentionnistes, ils me font doucement rire. Même aux heures les plus sombres du Régime de Vichy, l'aile la plus extrême de la droite française ne s'est pas emparée du pouvoir (les horreurs de Vichy ont bien été suffisantes).
Commentaire n°6 posté par Guillaume le 07/03/2010 à 01h23
+1 pour _Troll, le "pouvoir" des élus est moins grand quand ils savent qu'une partie des électeurs désapprouvent leur politique.
Voté blanc ça signifie que la politique présentée ne nous convient pas, alors que ne pas voter du tous donne plutôt l'impression qu'on s'en fout.
Enfin c'est l'impression que ça me donne.
Commentaire n°7 posté par ILP le 07/03/2010 à 01h38
> ILP, troll, Lemeb: j'écoute vos remarques, vous avez peut-être raison, il faut peut-être que j'aille voter blanc.
Commentaire n°8 posté par pierre le 07/03/2010 à 01h49
Je comprends votre point de vue et votre déception vis à vis du discours sarkozyste. Toutefois, je ne pense pas que l'abstention soit la meilleure réponse à cela: il s'agit une attitude de lassitude et/ou de non-intérêt qui justement ne semble pas correspondre au fait que vous vous teniez un minimum au courant et sembliez soucieux de la politique menée en ce pays.
D'autant que les régionales constituent un scrutin local dont les enjeux devraient normalement, j'insiste sur le "normalement", être... locaux ! (ce qui est complètement bafoué par la stratégie nationale de l'UMP, je vous l'accorde).
Il se peut que les listes de votre région et leurs propositions ne vous conviennent pas, mais dans ce cas, la meilleure réponse serait probablement le vote blanc, bien qu'il ne soit malheureusement pas comptabilisé, plutôt que l'abstention, car il est plutôt facile de critiquer sans se déplacer, ou de clamer que l'on ne croit plus en la politique en abaissant les armes par avance.
Cordialement,
Emphiris
Commentaire n°9 posté par Emphiris le 07/03/2010 à 02h11
Comme d'autres, je pense que si nous voulons défendre la démocratie (et pourquoi pas les entrepreneurs) il convient de déposer notre avis dans les urnes. Les régions ont le pouvoir d'organiser une parte de la formation. Nombreuses sont celles qui soutiennent la création des startups et se sont dotées de fonds d'investissements. Alors, à nous de choisir les candidats qui correspondent le mieux aux idées que l'on souhaite défendre.
Tout sauf l'abstention !
Commentaire n°10 posté par Jean-Claude MORAND le 07/03/2010 à 02h24
Ni droite, ni gauche, le seul qui n'a jamais fait défaut aux Francais et qui se présente en PACA: Jean-Marie Le Pen.

Ne pas voter je trouve ça assez "horrible" au vu de la situation indécente dans laquelle nous nous trouvons :-/
Commentaire n°11 posté par Anthony le 07/03/2010 à 02h26
Oui oui, on n'aime pas les entrepreneurs. On n'aime pas non plus les chercheurs, on n'aime pas plus les jeunes, on déteste aussi les immigrés. On déteste doublement aussi les jeunes chercheurs, les entrepreneurs immigrés. On abhorre internet. Il me semble donc en conséquence que :
- vu le nombre de populations détestées en France, on ne peut pas voter en fonction d'une seule population détestée
- il faut se battre sur tous les fronts, et bel et bien faire de la politique pour faire changer les choses. Et je ne vois pas comment on peut faire autrement que voter pour le "moins pire" disant.

Sur le fond, en tant que contribuable américain, j'ai un bon salaire, mais une fois que j'ai payé ma couverture santé de piètre qualité, cotisé pour ma retraite qui sera divisée par 2 à la prochaine grosse crise financière, payé le "daycare" de ma fille, payé mes impôts qui ne sont pas si bas (je garde encore en travers de la gorge la taxe spéciale "crise financière" de 1500 $ arbitrairement créée l'an dernier à New York qui s'est ajoutée à mes 20% et quelques de taux d'imposition) il ne me reste pas tellement plus que ce que j'aurais gagné en France. Je vais peut-être bientôt devenir patron de labo et ai à planifier les salaires de mes futurs employés : surprise, on me conseille de prévoir le double pour qu'un employé ait un salaire simple. Tiens, ça me rappelle un certain pays où on trouve le coût du travail très élevé... Tout ça pour dire qu'être libéral, c'est super quand on n'a ni enfants, ni problèmes (de santé en particulier), le jour où on a l'un et l'autre, on est bien content qu'il existe de la redistribution et de la solidarité (et on REMERCIE les entrepreneurs et tous les gens de payer des impôts, même s'ils sont un peu râleurs et pleurnicheurs, mais c'est leur côté français sûrement).
Commentaire n°12 posté par Tom Roud le 07/03/2010 à 02h36
Pour ma part, ne pas voter c'est égal à voter blanc... faut évolué je vais pas me bouger ou perdre du temps pour voter blanc.
Commentaire n°13 posté par Shiva le 07/03/2010 à 02h50
Commentaire n°14 posté par europeus le 07/03/2010 à 03h53
> europeus: elle est bien cette Sandrine Bélier!
Commentaire n°15 posté par pierre le 07/03/2010 à 05h16
La classe politique pourra achever son destin d'oligarchie lorsque les citoyens trouveront plus fatigant d'aller voter que de rester à s'empiffrer dans leur canapé. Encore un petit effort et on y est.
Bien sûr que les candidats, ce n'est pas la joie, ni en PACA ni ailleurs : personnellement la seule personne en qui je me reconnaitrais entièrement lors d'un scrutin, c'est moi-même (et encore !). Les candidats qu'on nous propose synthétisent des courants de pensée mais sont aussi les éléments de réseaux professionnels (maire d'une grande ville, ce n'est pas un hobby, c'est une carrière)... Il est frustrant de devoir choisir entre eux mais ça me semble rationnel, ne serait-ce que pour que nous (citoyens) rappelions notre existence et affirmions notre pouvoir.
Alors pour ma part, j'irais voter pour des gens que je n'apprécie qu'à moitié mais j'irais voter.
Commentaire n°16 posté par Jean-no le 07/03/2010 à 05h21
Moi a 20 ans, en 1984, j'étais plutôt de droite, a 22 je montais ma première boîte et je ne votais pas. Ensuite je suis allé vivre au Maroc, et j'ai compris ce que c'était un pays sans protection sociale, sans droit du travail, sans liberté, mais avec de vrais très pauvres et de vrais très riches. Je suis rentré en france en 2000 et j'ai voté socialiste. Le pen est passé au 2e tour en 2001, je suis retourné au Maroc. Puis Sarko est arrivé, je suis rentré en France pour m'opposer, pour que la France ne devienne pas comme le Maroc, une dictature qui ne dit pas son nom, contrôlée par une oligarchie d'affairistes.

Alors pour ma part, je voterai pour quelqu'un que j'apprécie : VAUZELLE.

Profitez bien de votre argent, sa possession devient plus jouissive quand elle est réservée à une élite. Ah si tous les gens de droite pouvaient faire comme vous...

Commentaire n°17 posté par rimbus le 07/03/2010 à 07h40
> rimbus: heureusement que vous êtes revenu pour lutter contre la dictature de ce cégétiste de Sarkozy :-)
Commentaire n°18 posté par pierre le 07/03/2010 à 09h01
Voilà un article que j'aurais pu écrire ! Encore un effort, Pierre, et vous deviendrez libertarien...
Commentaire n°19 posté par Laure le 07/03/2010 à 10h39
Comment peut-on crier haut et fort qu'on ne va pas voter pcque aucun programme ne vous convient? il y a des peuples qui se sont battus pour avoir de le droit de vote, des hommes et des femmes qui sont morts...
Commentaire n°20 posté par david le 08/03/2010 à 10h44
le vote blanc n'est pas "reconnu" en France, alors à quoi bon ?

ouai ça fait bien pour son âme de "bon citoyen" qui respecte "ceux qui se sont battus" blablabla ... sauf que même avec 90% de votes blancs et nuls à une élection, ça ne servirait à rien !
Commentaire n°21 posté par Lancelot le 08/03/2010 à 12h37
communiste à 18 ans ?
vous viviez dans un cité populaire et alliez-vous en vacances en camping ???
Commentaire n°22 posté par dan le 08/03/2010 à 05h16
Cher dan, avec des parents profs on vivait dans un appartement correct, et on avait une caravane pour les vacances. ça te va?
Commentaire n°23 posté par pierre le 08/03/2010 à 09h16
> Pierre : j'utilise un simple bulletin de vote... mon avis sera pris en compte, pas le votre ;-)
Commentaire n°24 posté par rimbus le 09/03/2010 à 12h22
Je suis du même avis que toi,; je ne compte pas voter car je ne veut pas voter pour une personne qui ne me correspond pas du tout. Un vote ne doit pas se faire par dépit mais par envie.
Commentaire n°25 posté par Mapics le 11/03/2010 à 03h56
Comme l'indique @Lancelot, en effet, l'un des problèmes est effectivement que le vote blanc n'est pas pris en compte.

Néanmoins, je pense que ce n'est pas le moment d'un tel débat, puisque, à tort ou à raison, les votes blancs ne seront pas comptabilisés lors du prochain scrutin.

Pour ce qui est de ne pas voter, je pense que l'argument de dire que l'on ne se reconnait ni dans la droite, ni dans la gauche est suffisant. Bien entendu, l'argument qui consiste à dire que les politiques menées par les principaux partis sont mauvaises ou trop proches est bien entendu -et malheureusement- compréhensible. Mais en aucun cas suffisant. Car limiter le paysage politique à ces deux parties (trois avec Europe Écologie) est bien trop restrictif. En restant sur l'exemple de la région PACA, peut-on dire que le FN prône une politique proche ou semblable à celles des autres listes également en course ?

S'abstenir ne peut donc être uniquement vu sous l'angle du renoncement à voter pour l'un des deux camps majoritaires.

S'abstenir, c'est prendre le risque pour soi, mais également pour la société, de laisser une minorité s'approprier un scrutin en principe démocratique.

S'abstenir, enfin, permet comme on a pu le voir Dimanche, sur les plateaux télé, d'autoriser un camps à y voir une sanction d'une politique, et l'autre camps clamer le contraire.

Vous l'aurez compris, à mes yeux, s'abstenir n'est pas une solution.

Aussi, avec une poignée d'amis, nous essayons, à notre niveau, d'inciter les gens à aller voter.

Avec nos armes, Twitter en tête, nous tentons donc de convaincre les gens d'aller aux urnes Dimanche prochain.

Ainsi, en taguant nos tweets concernant les élections avec #vavoter puis #avote, nous espérons donner les moyens de faire changer d'avis quelques personnes.

Et pour être plus convaincant, nous avons également développer une application iPhone (nous espérons qu'Apple la validera dans les temps) ainsi qu'une application Android pour faciliter la diffusion de ces messages.

Voter est un droit mais c'est aussi un devoir civique. Alors, votons.
Commentaire n°26 posté par Julien le 17/03/2010 à 11h26

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