9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 10:17

Je ne sais pas si Hervé Kabla a des enfants, mais les miens, comme tous les jeunes, sont connectés en permanence sur Facebook. Les jeunes ne sont pas les seuls concernés : selon Comscore, dans la plupart des pays du monde, plus de 90% des internautes utilisent les réseaux sociauxComment Hervé Kabla peut-il donc annoncer la "Fin des réseaux sociaux" dans son article sur le site des Echos? 

Aguiché par le titre (La "Fin des réseaux sociaux"! waouh, quel scoop!), je pensais lire un commentaire sur la possible fin de l'engouement médiatique pour les réseaux sociaux. Les medias adorent brûler ce qu'ils ont adoré. J'imagine donc bien la presse multiplier un de ces jours les sujets sur la "fin des réseaux sociaux" comme elle l'a fait sur la "fin des blogs" qui ne se sont en réalité jamais aussi bien portés. Mais il ne s'agit pas de cela. L'auteur semble croire réellement à la Fin qu'il annonce.

Kabla se plaint de l'augmentation météoritique des contenus produits par les internautes ... La belle affaire! Ces contenus sont le plus souvent destinés à de petits cercles d'amis, ce qui ne nuit à personne. De même, chacun peut constater que la profusion d'informations ne dégrade pas la qualité des résultats des recherches sur Google. 

L'auteur fait référence à la chute de MySpace pour envisager la fin prochaine de Facebook. Mais ce qu'il ne voit pas, c'est que Facebook est beaucoup plus qu'un nouveau MySpace : davantage que son audience, c'est son infrastructure immense qui constitue une barrière à l'entrée quasiment infranchissable pour les concurrents autres que Google. Il a surtout créé un écosystème vibrant dont profitent des myriades d'éditeurs d'applications, de jeux, mais aussi les marques, qui trouvent dans le réseau un moyen radicalement nouveau pour cultiver la relation avec leurs clients. Facebook a créé un nouvel Internet qui fonctionne pratiquement en monde clos. Les études montrent d'ailleurs que le temps passé sur le web diminue, pour la première fois, au profit de celui passé sur les réseaux sociaux, Facebook en tout premier lieu.

En fait, Kabla met bien le doigt sur un problème mais il est victime d'un effet d'optique. Il explique que la multiplication des réseaux sociaux - Facebook, Google Plus, Twitter pour l'info, LinkedIn pour l'emploi, Foursquare pour le local ... - saturerait les lecteurs, exaspérés par la redondance des informations. C'est un effet d'optique car seuls les professionnels et les passionnés, comme lui ou moi, sont actifs sur plusieurs réseaux. Nous, nous sommes effectivement fatigués d'y lire x fois les mêmes infos reprises à l'infini. Les pros utilisent d'ailleurs des services pour filtrer ce bruit. Mais la plupart des utilisateurs n'ont que faire de la diversité des réseaux sociaux : ils n'utilisent que Facebook. 

Blogs et réseaux sociaux

Pour les producteurs de contenus, cette multiplication des réseaux sociaux est à la fois une opportunité et un problème. 

Quand vous créez du contenu, si vous voulez qu'il soit lu par le plus grand nombre de lecteurs, vous devez dorénavant le copier ou le diffuser plus ou moins automatiquement dans Facebook, sur Twitter, sur Google Plus ... Sans oublier de le référencer sur les moteurs de recherche. Vous publiez aussi de l'info disséminée sur ces réseaux, vos statuts, des liens, vos check-in ... Si vous êtes blogueur, vous devez encore vous accommoder du fait que la conversation autour de vos articles est désormais éclatée entre votre blog et vos réseaux sociaux. 

Les réseaux sociaux, qui ont favorisé l'augmentation de l'audience des blogs (60% des contenus partagés sur Facebook sont des articles), ont aussi compliqué la vie des blogueurs.

C'est là que le débat devient vraiment intéressant : allons-nous poursuivre dans cette voie d'une complexité croissante, ou bien les réseaux sociaux vont-ils connaître une nouvelle étape, qui permettra une meilleure distribution des contenus sur Internet ?

kiwi.jpegChez Overblog, nous y travaillons, convaincus que la nouvelle génération de blogs doit remettre au centre des réseaux une véritable plateforme personnelle de production de contenus, de distribution et d'échange. Le blog du futur rayonnera vers tous les réseaux sociaux, et permettra à l'inverse de centraliser l'ensemble des activités sociales.

Vous voilà rassurés ! 2012 ne verra pas la fin des réseaux sociaux, mais elle sera peut-être bien l'année d'un nouveau départ pour les blogs.

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Published by Pierre - dans blogs
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commentaires

CanardWC 09/01/2012

"2012 ne verra pas la fin des réseaux sociaux"

Ah. Merde. Dommage.

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