Mon premier tweetclash
Je viens de vivre mon premier tweetclash, avec Eric Mettout rédacteur en chef de l'Express.fr. On s'échauffe vite sur twitter, on est obligé de simplifier les arguments à l'extrème en 140 caractères, et le débat ne concerne pas que deux personnes, car ces personnes en même temps discutent avec d'autres. Pas facile à suivre donc, et je me dis qu'on petit billet permettra peut-être de nourrir la discussion.
Eric Mettout, donc, écrit hier soir un article sur son blog "La Loppsi, est-ce un sujet obligatoire?" pour répondre aux critiques de ce qu'il appelle la Blogobulga. Les blogueurs et les tweeteurs reprochent à l'Express de passer sous silence la polémique autour de la loi de sécurité et de filtrage d'Internet Loppsi, qui arrive aux parlement ces jours-ci.
Comme Eric Mettout le fait remarquer d'entrée, l'Express n'est pas seul à faire l'impasse, c'est le cas de quasiment toute la presse française.
Ensuite, dit-il, "si L'Express, et la quasi-totalité de la presse française, se sentent aussi peu concernés, c'est parce que c'est un sujet de geeks".
Il n'a pas écrit "parce que c'est un sujet compliqué", mais "parce que c'est un sujet de geeks" ... je me suis demandé ce qu'il voulait dire par là. La liberté des internautes, un sujet de geeks?
Hadopi, un sujet de geeks?
Mais là ou j'ai compris le fond de sa pensée, c'est quand il écrit: "On a discuté quelquefois, en conférence de rédaction, de l'opportunité d'un papier fouillé sur Hadopi, au moment où ça chauffait sous l'hémicycle."
Eh oui, rappelez-vous, l'Express et "la quasi-totalité de la presse française" ont passé sous silence l'énorme polémique autour de la loi liberticide Hadopi jusqu'au dernier moment, quand il n'était plus possible d'ignorer la révolte des internautes et la censure du conseil constitutionnel. Pour Mettout, Hadopi ce n'était pas un sujet de société, un sujet touchant aux libertés individuelles. Il s'agissait juste d'un "sujet de geeks"...
Il est bien loin le temps ou L'Express était un magazine à la pointe des combats de société.
Qu'est-ce qui a changé? pourquoi un magazine qui était à la pointe de l'évolution de la société quand il a été créé est-il devenu un organe de la pensée unique?
C'est sans doute une question de culture, et aussi, simplement, de génération: beaucoup de journalistes ont appris leur métier avant Internet, ils ont tendance à considèrer Internet comme une jungle qu'il faut mettre sous contrôle, d'autant plus qu'une "blogobulga" suspecte fait mine de les concurrencer.
Ils ne comprennent pas bien le nouveau monde, pour eux c'est "un monde de geeks". Mais déja ils sont de plus en plus nombreux comme Eric à avoir un blog, à twitter, à frayer avec les blogueurs ... alors ne désespèrons pas, ça va peut-être changer!
...
Quelques tweets illustrant le débat:
pierrechappaz: Après n'avoir rien écrit sur Hadopi, L'Express se tait sur Loppsi, et le rédac chef trouve ça normal : http://wik.io/88t5
Mettout: @pierrechappaz mal lu: j'ai dit que je trouvais ça normal? J'explique. Et cherche sur lexpress.fr: y'a.
pierrechappaz @Mettout citation: "On a discuté quelquefois, en conférence de rédaction, de l'opportunité d'un papier fouillé sur Hadopi" cqfd
Mettout @pierrechappaz Et ça démontre quoi? Qu'on discute de sujets possibles et qu'on en rejette 99 sur 100. Vie d'une rédaction.
pierrechappaz @Mettout certes, mais ne soyez pas surpris si les jeunes ne lisent plus votre magazine qui les ignore #hadopi
Mettout @pierrechappaz Les "jeunes"?!? Ils s'en foutent, les jeunes, d'Hadopi! Hadopi, c'est un sujet de geeks, pas un sujet de "jeunes".
Là, Jacques Rosselin (Courrier International, Vendredi) s'en mêle: rosselin @pierrechappaz Les jeunes ont arrêté de lire l'Express et les journaux bien avant hadopi
pierrechappaz @Mettout Les "jeunes" se foutent d'Hadopi??? dans quel monde vivez-vous? qui télécharge d'après vous, les papys?
Là, se greffe un débat avec chrism pour qui le téléchargement est souvent une affaire de famille
etc etc
Un petit dernier pour la route:
pierrechappaz @chrism
c'est vrai aussi. Ces bons pères de famille qui lisent encore des
journaux papier ont du se demander pourquoi ce silence sur hadopi
Hadopi, LOPPSI, et la question des libertés sur Internet en général ne sont évidemment pas simplement des "sujets de geeks".
Mais la question sous-jacente est à mon sens moins la question de la proximité entre la presse française et la jeunesse que celle de son rapport à la modernité.
Une modernité complexe, par hypothèse. Mais Éric préfère utiliser l'expression "sujet de geeks" plutôt que "sujet trop complexe", et c'est bien compréhensible : avouer ne pas vouloir traiter un sujet en raison de sa complexité, ça n'est pas très flatteur.
Ainsi, sous le terme "geek", dont personne (ou presque) en France ne sait ce qu'il recouvre réellement, se cache précisément la notion de modernité, avec ce qu'elle comporte de nouveauté, de complexité donc, et de rupture aussi.
Sur ces sujets comme sur d'autres, qui intéressent d'encore plus près son avenir, la presse française tourne le dos à la modernité.
Rédigé par: Rubin | 27 janvier 2010 à 12:54
"ce n'était pas d'un sujet" -> "ce n'était pas un sujet"
Rédigé par: Laurent Raufaste | 27 janvier 2010 à 13:07
Le nom Mettout va finir par devenir par antonomase un nom commun qui remplacera le mot "clash" :)
Rédigé par: Al-Kanz | 27 janvier 2010 à 13:18
Salut Pierre,
ce qui est "rassurant", c'est de voir que ces même média (Figaro, Le Monde, Nouvelobs etc...) commencent à parler d'ACTA :
http://bit.ly/aNdTbe
Hadopi a peut-être "ouvert la voie" à la compréhension par le plus grand nombre de ces sujets qui, contrairement à ce que dit @Mettout, concernent/intéressent l'ensemble des internautes.
Pour info, mon billet sur la défense de la neutralité du web a généré 2000 visiteurs uniques le jour de sa publication (au lieu des 500 habituellement).
Rédigé par: mrboo | 27 janvier 2010 à 14:00
Hadopi&co n'intéressent pas que les jeunes et papys qui téléchargent mais aussi tout ceux qui se soucient un minimum de vie privée et de liberté.
Rédigé par: Yva | 27 janvier 2010 à 15:13
Bonjour Pierre, J'aurais préféré faire connaissance avec toi au bas d'un 6B aux dentelles, mais bon, la vie, tout ça... Or donc, je suis ton premier tweet clash. Pourquoi? Petit rappel, ton 140 signes initial sur le sujet: "Après n'avoir rien écrit sur Hadopi, L'Express se tait sur Loppsi, et le rédac chef trouve ça normal". A quoi j'ai répondu que je n'avais en aucun cas écrit que je trouvais ça "normal": mon post, parce que j'ai été interpellé (et dans des termes qui, pour le coup, relèvent du clash) sur le sujet, est une explication, que j'ose croire un peu argumentée. Ce n'est pas une justification. Cette explication, j'estime qu'on peut l'entendre - comme j'estime qu'on peut entendre sans leur cracher à la gueule ceux qui estiment, artistes, politiques ou maisons de disque, qu'Hadopi est nécessaire, même si je ne partage en aucun cas ce point de vue. Si je devais le résumer, ce post, j'écrirais ça: que L'Express ne couvre pas Hadopi, et ne couvrira probablement pas la Loppsi de façon satisfaisante pour toi, c'est une question de sensibilité éditoriale - ce qui explique d'ailleurs que L'Express traite de ces deux sujets sur son site Web, les journalistes multimédia y étant par nature plus sensibles. J'ai bien dit L'Express: L'Express, c'est un journal et un site Web. On peut discuter de ces sensibilités, estimer que le sujet est suffisamment important pour valoir une enquête de fond dans l'hebdo - ou l'inverse. En revanche, je n'accepte pas que pour défendre ton point de vue, ou celui des opposants à ces deux lois, tu parles de "pensée unique" (en l'occurrence, je constate que si le sens est bien unique, c'est celui des réactions à mon papier: pas beaucoup de contradiction pour des défenseurs de la liberté d'expression. Et dans quels termes!), qu'on nous accuse d'être aux ordres, incompétents - ce que je n'ai jamais écrit non plus: j'ai raconté ce qui se passait dans une conférence de rédaction, des journalistes qui défendent leurs sujets, comme moi, à un moment, l'Hadopi, des discussions entre journalistes, une conférence et son directeur qui finissent par trancher - et les raisons qui peuvent expliquer cette décision. Pour finir, si tu veux mon avis sur ces deux lois, creuse un peu, fais le tour de mon blog, j'y dis précisément ce que j'en pense, et j'ai l'orgueil de croire que cet avis est un peu autorisé. Pour autant, je ne me suis jamais permis de traiter le rédacteur en chef du service culture de L'Express, qui défend la lutte contre le piratage, comme j'ai été traité en 24 heures par ces "démocrates" qui s'inquiètent de "l'état policier" mis en place par Loppsi.
Rédigé par: Mettout | 27 janvier 2010 à 15:32
"comme j'estime qu'on peut entendre sans leur cracher à la gueule ceux qui estiment, artistes, politiques ou maisons de disque, qu'Hadopi est nécessaire, même si je ne partage en aucun cas ce point de vue"
- chacun à sa place. Les artistes et les maisons de disque veulent sauver leur business et autres royalties et n'acceptent pas qu'ils doivent réinventer un modèle économique. Quant aux politiques ils suivent les lobbys et tentent de réguler quelque chose qu'ils ne comprennent pas et qu'ils ne pourront pas empêcher.
"j'ose croire", "j'estime", "j'estime", "j'ai l'orgueil de croire"
- tous ces journaleux au langage ampoulé feraient mieux de développer un réseau d'experts auquel ils auraient recours pour mieux traiter les sujets qui - non, cher monsieur - ne sont pas seulement des sujets de "geeks", mais bien d'actualité et d'avancée technologique, sociétale et culturelle.
"L'Express ne couvre pas Hadopi, et ne couvrira probablement pas la Loppsi de façon satisfaisante pour toi, c'est une question de sensibilité éditoriale"
- non, cher monsieur, ce n'est pas une question de "sensibilité éditoriale", mais bien une question de journalisme dans le sens plus profond du terme. Les journalistes sont condamnés à disparaître parce qu'ils ne font plus leur métier. HADOPI et LOPPSI sont bien liberticides. Donc les journalistes devraient s'y intéresser normalement au lieu de les regarder par le bout de la lorgnette.
Google a démocratisé l'accès à l'information, y compris la plus pointue. Les gens ont donc plus d'éléments pour se forger une opinion et sont, à mon sens, plus en avance que ce que les journaleux ont "l'orgueil" de bien vouloir croire...
Les blogueurs ne viennent qu'occuper une place désertée depuis longtemps par les "journalistes".
Rédigé par: Capucine | 27 janvier 2010 à 16:40
1ere chose moi je vois que mr mettout vient s expliquer ds les comm car il trouve surement lui aussi que 140 car c est trop peu pour avoir un vrai debat (pb de twitter)...donc c est tout a son honneur...en revanche..la ou je ne suis pas d accord avec lui c est que cette fameuse histoire de geeks elle concerne mine de rien tout le monde et pas seulement qques illumines... les illumines en question qui sont qualifies de geeks sont peut etre plutot a voir comme ceux qui , bossant dans, pour, par et avec le web tous les jours ont une connaissance tres pointue de ce qui vient dans notre societe avec hadopi loppsi etc... ces fameux geeks..il faut les ecouter, les suivre car ils sont dans ce domaine bien en avance sur le reste de la societe, y compris des journalistes, y compris des journalistes qui s y connaissent....
c est un debat de societe car si l on regarde les chiffres du telechargement + le nb d internautes + le nb de ceux qui telechargent eh bien nous sommes bien au dela d un groupuscule,d une bande de qques illumines qui sont au fond de leur garage...
l express et lexpress.fr tout comme les autres mag etjournaux, devraient donc apporter la lumiere à leurs lecteurs en expliquant ce que fait, veut faire legouvernement..en expliquant que OUI, ces lois depuis des années sont poussées, ecrites et soutenues par des majors du disque et du cinema qui voient leurs royales royalties disparaitres, fondre au profit du telechargement et d autres services et ils ne font rien pour trouver et proposer de nouvelles alternatives....
ces majors ont creuse leur tombe en proposant depuis 25 ans de la M..en barre a des prix exorbitants et auourd hui que des moyens informatiques (web) permettent de passer outre leur monopole de distribution, ils veulet juste essayer de garder leurs roayles royalties au lieu de proposer une autre facon de consommer la zique....quand je pense à l 'argent depense par ces majors pour se defendre et que cet argent n a pas ete depense pour creer de nouvelles solutions, je me dis en effet qu il y a de quoi etre vert de rage car ces majors avec leur logique ont su convaincre les politiques que leur vision a eux (majors) etait la meilleure pour l ensemble de la societe...les politiques, les journalistes ont demissionne devant cet etat de fait et aujourd hui les seuls a resister sont les geeks comme dit mr mettout
Rédigé par: seb | 27 janvier 2010 à 16:57
Tu peux le mettre au complet ici : http://ootweet.com/ ça pourrait amuser les petits Geek que nous sommes...
Rédigé par: Blog Biere | 27 janvier 2010 à 17:04
Ah! c'est bon les débats en plus de 140 caractères!
Je remercie les commentateurs pour la qualité de leurs contributions.
Eric merci d'être venu expliquer ta position, et au plaisir de grimper avec toi un de ces jours, justement je rentre de faire quelques longueurs à côté de chez moi au Baou de Saint-Jeannet pour me changer les idées :-) Je comprends que tu souffres des critiques que tu t'es attirées dans la blogosphere (twittosphere), alors que tu as eu le courage d'essayer d'expliquer l'omerta de la presse sur les atteintes aux libertés du Net, et le courage aussi de défendre ton employeur malgré les contradictions que tu exprimes.
Mais ne faudrait-il pas plutôt se demander pourquoi les internautes réagissent aussi fortement sur ces sujets dés qu'ils en ont l'occasion, comme celle que tu leur as donnée? stp ne va pas dire: ce sont juste des geeks. Pratiquement tous les internautes qui s'expriment (et ils sont des dizaines, des centaines de milliers, sur leurs blogs, dans les forums, sur facebook ou twitter), tous ces internautes donc ont protesté contre Hadopi. Et aujourd'hui ils expriment, quand ils sont au courant, leur inquiètude sur le projet de loi Loppsi, sur la réglementation Acta, sur les menaces d'interdiction des Web TV en Italie, ... toutes les atteintes à la liberté du Net les inquiètent, car justement le Net est devenu le principal espace de liberté, accessible à tous.
Ces internautes ont bien vu que la presse, dans sa quasi-totalité, a passé sous silence la bagarre sur Hadopi tant qu'elle l'a pu. On ne leur fera pas croire que c'est parce qu'Hadopi "ce n'était pas un sujet" digne d'être traité par les magazines. Ils ont vu comme moi la Une du Monde, un journal militant pro-Hadopi, au lendemain du rejet de la loi par le conseil constitutionnel: http://bit.ly/4B8j6. Ils sentent bien qu'il y a en réalité une collusion d'intérêts entre des lobbys, celui des majors et celui de la presse, qui tous deux poussent les politiques à prendre des mesures de contrôle, et qui tous deux obtiennent de l'argent public, beaucoup d'argent, 1 milliard d'euros cette année pour la presse, pour surtout éviter d'avoir à se remettre en cause, à se réinventer avec et dans Internet.
Rédigé par: pierre | 27 janvier 2010 à 18:53
> MrBoo: Salut François, attendons de voir si la presse papier couvre réellement ces sujets, et non seulement les sites web des journaux qui comme l'explique Eric Mettout y sont plus sensibles. Pour l'instant - je suis aussi un lecteur de la presse papier- je n'ai pas lu grand chose.
Rédigé par: pierre | 27 janvier 2010 à 19:11
Monsieur Mettout
Pourquoi avoir embauché l'un des meilleurs journalistes high-tech du marché (Emmanuel Paquette) ? Il n'est pas assez compétent pour faire un sujet sur ACTA ?
Votre propos ridicule pour prétexter que c'est un sujet geek déshonore votre média.
Les 30 millions d'internautes ne méritent pas que les médias dont le votre s'intéressent à ce qui les concerne ?
Car le filtrage de LEURS données, ce n'est pas un sujet geek. Cela concerne le bon père de famille.
Bravo Monsieur Mettout. J'hésitais entre renouveller mon abonnement à l'Express et l'Entreprise et l'arrêter.
Vous venez de m'aider grandement dans mon choix.
Rédigé par: matou | 27 janvier 2010 à 20:50
305 mentions Hadopi dans les archives du Monde dont 25 en janvier 2010
Rédigé par: Gilles Klein | 27 janvier 2010 à 21:41
Comme je te l'ai demandé en message privé sur twitter Gilles je te repose la question: combien d'articles dans le Monde en papier avant celui-ci: http://bit.ly/4B8j6, je ne parle ni du monde.fr ni des blogueurs hébergés mais bien du journal.
Rédigé par: pierre | 27 janvier 2010 à 21:48
Désolé je suis branché iPad ce soir, mais je ne comprends pas du tout.
Tu renvoie à un article papier du 12 juin... 2009 ! Mais moi j'ai des articles papier 1 an avant ! Exemple un pdf du 5 juin 2008.
Le contenu des articles ne te plait pas OK, mais dire qu'il n'y a pas d'articles tu m'étonne
Rédigé par: Gilles Klein | 28 janvier 2010 à 06:46
Gilles, cest Eric Mettout qui écrivait dans son billet que lExpress avait choisi de ne pas couvrir sérieusement Hadopi et aujourdhui Loppsi. Et cest lui aussi qui faisait remarquer que la quasi-totalité de la presse avait fait de même. Sur ce point, je suis daccord avec lui. Notre divergence cest quil explique cette situation par le fait quil sagirait de sujets de geeks, quand pour moi la raison est plutôt à chercher du coté de la connivence intellectuelle entre beaucoup de journalistes - pas tous, merci Marianne - et le lobby des majors. Dernier ex de cette collusion: les editos remarqués du Monde et de Libé qui applaudissent à deux mains le projet de taxe sur la pub Internet pour financer ... les majors, encore!
Pierre
Rédigé par: Pierre | 28 janvier 2010 à 09:16
Pierre, le problème, c'est qu'il y a une réalité (la presse dans son ensemble est mal à l'aise non seulement avec Hadopi, la Loppsi, l'Acta, mais plus généralement avec tous les sujets qui tiennent à ce que j'appellerais "la société Internet") et des interprétations (ce serait parce que, comme le disent deux ou trois de tes commentateurs qui, pour certains, devraient apprendre à lire, il y a "collusion" entre la presse, le gouvernement et les majors). Et puis il y a ce que moi, journaliste, je vis de l'intérieur, les discussions que nous avons eues en conférence de rédaction ou en direct sur ces sujets et les vraies raisons pour lesquels L'Express traite rarement des sujets de la "société Internet". Ce sont ceux-là que j'expose dans mon post - sans les justifier, encore une fois, c'est pas mon propos. C'est MA réalité, c'est ma vie, mon expérience perso. Vous continuez tous à vouloir voir derrière tout ça une volonté machiavélique, une manip politique ou que sais-je d'aussi tordu. Moi, tout ce que je peux te dire, c'est que c'est beaucoup plus simple que ça. PS: quant à ceux, ils se reconnaîtront, qui sont incapables d'entendre qu'on peut ne pas être d'accord avec eux sur ces sujets sans être des suppôts de Satan, des pourris vendus, qui font preuve, en bref, d'une rare (enfin, rare...) intolérance dogmatique et qui donnent des leçons de démocratie, je les laisse face à leurs contradictions.
Rédigé par: Mettout | 28 janvier 2010 à 11:44
"comme le disent deux ou trois de tes commentateurs qui, pour certains, devraient apprendre à lire"
- on sait lire et compter, cher monsieur. Et même mieux que cela, on parvient même à raisonner sur des sujets de fond. Incroyable, non ?
"Vous continuez tous à vouloir voir derrière tout ça une volonté machiavélique, une manip politique ou que sais-je d'aussi tordu."
- s'il n'y a pas manipulation, il y a donc faute professionnelle, et apparemment de la part de la majorité des journalistes (à part quelques uns, Marianne par exemple). Donc entre collusion avec le pouvoir et incompétence, je ne sais pas ce qui est le mieux...
Rédigé par: Capucine | 28 janvier 2010 à 16:18
Je n'ai pas lu tout les commentaires,et je voulais juste réagir pour dire à quel point j'étais d'accord avec toi (vous? - mais j'aime bien le tutoiement blog!) Pierre.
Et je voulais surtout réagir sur la magnifique remarque de Jacques Rosseli. J'adore quand des journalistes se permettent raccourcis et généralisations à outrance. Comme si "les jeunes" étaient une sorte de secte ou tout le monde faisait la même chose.
Ben non, désolé, ça fait des années que j'entend que "les jeunes" ne lisent plus la presse ; d'une c'est réducteur - je lis la presse depuis 10 ans, soit depuis mes 17 ans, et j'ai jamais eu l'impression d'être a ce point un cas à part ; mais surtout ce qui me choque c'est que ce constat soit fait depuis des années sans que ses journaux ne cherchent la raison du pourquoi. Non, ils sont résignés - ils l'étaient dès le début sans doute, et s'enferment dans un cercle vicieux : les jeunes ne nous lisent pas, ne parlons pas de ce qui peut les intéresser.
Voilà pour les jeunes ; ajoutez à ça 'les geeks' termes fourre-tout beaucoup plus trans-générationnel qu'on veut bien le croire - mon père est aussi geek que moi, sauf que lui est moins bien informé.. normal, il se cantonne bien trop à la presse classique pour ce tenir au courant !
Et voilà comment tout un pan de la société est laissé de coté...
ET le pire dans l'histoire, c'est qu'hadopi et loppsi ne SONT PAS des sujets de "geek", du moins, ils ne le seront plus une fois en place. Parce que les "geeks" eux seront à même de contourner les effets néfastes de es lois.. les non initiés eux, vont se les manger en pleine figure.. et sans doute se demanderont-ils alors pourquoi ils n'avaient jamais entendu parler de ces choses..
voila.. navré de ce long commentaire..
..au passage, Pierre, ravi de te (vous) lire à nouveau
Rédigé par: Yann | 30 janvier 2010 à 11:32