Les signaux faibles de la conversation
Moi qui vient de la radio, je suis naturellement portée à la conversation plutôt qu'à la dissertation. Petit à petit, avec mon 1er métier (la radio donc) j'ai développé une attention particulière aux non-dits (l'équivalent des "entre les lignes" sur le web), aux silences, à ce que j'appelle les "signaux faibles" de la conversation.
Ces signaux ne sont pas seulement ceux développés en CNV la Communication non verbale qui s'intéresse d'abord au corps et à ses messages. Ici, je parle surtout des signaux faibles du message sans image. Comme par exemple ce post, ou la conversation téléphonique, ou la radio...
Après la radio, je me suis mise à "parler" sur internet, en écrivant des héhéhé et du lol dans mes mails. Là aussi, il s'agit surtout de messages sans images. Je discute "scriptement" (ça existe?) en ligne. et il y a des silences aussi... Sur le web, les signaux faibles les plus courants sont par exemple : je ne répond pas à un mail (silence) ou je tarde beaucoup. Ou encore j'utilise un mot un peu fort, dans un post, dans un mail, pour qualifier en positif ou négatif une idée ou qq'un. Et je déclenche une mini (ou maxi) relation ou vexation.
La vexation et son expression (l'engueulade) est la monnaie la plus courante sur les blogs. Pourquoi ? On me dit souvent : c'est une question d'ego. Ok. Mais il y a aussi ce qu'on met entre moi et toi, c'est à dire l'échange lui-même avec ses signaux visibles et invisibles ou faibles. Et avec la professionnalisation des blogs, les vexations sont de plus en plus subtiles. Voire cachées silencieuses...
Je trouve que, plus qu'une société de la communication, on est en train d'entrer dans une société de la relation. Une société ou la qualité des messages et de la relation détermine bien plus qu'avant, nos actions.
Et vous, vous avez déjà fait attention à ces signaux faibles ? Est-ce que vous auriez des exemples ?
Quelques lectures autour de ce sujet : Honest Signals du professeur Pentland du MIT. L'article de INternet Actu sur le sujet. Et "BLINK, The power of thinking without thinking" de Malcolm Gladwell.
Les smiley sont mes signaux faibles favoris en ligne (je les utilise énormément pour indiquer l'ambiance à laquelle rattacher le message texte)
:o)
Rédigé par: mrboo | 12 novembre 2008 à 13:22
un autre signal faible interessant c'est le bookmark delicious :-)
Rédigé par: Daniel | 12 novembre 2008 à 14:36
Intéressant le lien avec "Blink". Notre ordinateur interne analyse-t-il et émet-il un jugement sur notre correspondant rien qu'en analysant les signaux faibles contenus dans un email ou autour du message avant même que notre conscience ne le réalise ? Je pense que oui. Le choix des mots, le temps de réponse, le style du message, etc, doivent être découpé par notre cerveau sans que nous nous en rendions compte. Cela est d'autant plus vrai maintenant que l'internet a quelques années d'existences et que nos cerveaux se sont entrainés à le parcourir. Au début tout devait être beaucoup plus conscient et les signaux faibles ne l'étaient pas autant.
Rédigé par: Pierre | 12 novembre 2008 à 15:21
Cathy mon amour les signaux faibles ce n'est pas que dans la conversation, mais aussi dans la vie. Je me souviens de ma stupéfaction la première fois que je suis venu chez toi à Paris: Sur ton pallaisson tu avais écrit "bienvenue en Suisse" ... prémonitoire :-) mais bon, la Suisse en hiver c'est vraiment trop de brouillard, on va émigrer au Soleil en 2009 n'est-ce pas?
Rédigé par: pierre chappaz | 12 novembre 2008 à 15:30
@ Daniel : intéressant delicious, mais en quoi y vois-tu un signal faible? fais partager...
@ mrboo : moi aussi ;-))) tout le temps
@ Pierre : complètement d'accord avec toi, plus on s'internétise, plus on développe tous ces petits signaux inconscients. Une nouvelle forme de communication virtuelle qui va dans le sens de ce qu'écrit le psychiatre Serge Tisseron : « Plus les corps s’effacent de la communication, plus les émotions et les sensations sont vécues avec les machines elles-mêmes »
Enfin @ toi Pierre... "mon" Pierre, mon édifice ! Oui, je me souviens du paillasson de paris sur lequel il y avait le drapeau suisse. Carrément fort comme signal ! Comme always avec toi ;-) Et oui, vivement le soleil oui... en janvier... bye bye le brouillard ! youpi...
Rédigé par: cathy nivez | 12 novembre 2008 à 16:16
Ce serait intéressant d'étudier comment l'agrégation des signaux faibles peut donner un signal fort.
Par ex, comment la légère baisse d'intérêt et de motivation sur chaque blog peut mener à une régression globale de la blogosphère (comme semble l'indiquer l'étude controversée de Technorati publiée en septembre)
On pourrait aussi regarder comment le signal faible de lecture d'une vidéo ou même d'envoi d'un email pour la recommander, peut mener à des buzz incroyables, online voire offline.
Pour le départ au soleil, préparez notre chambre, on s'incruste ;-) Il y a de beaux cailloux à grimper là-bas...
Rédigé par: Marc Thouvenin | 13 novembre 2008 à 08:53
eh eh Marc, très fort de partir du plus petit pour arriver au très grand. Est-ce que tu as des exmples de faibles signaux en ligne qui ont finalement débouché sur des moments forts ? Ce serait intéressant...
Quant au sud, vous êtes nos guests permanents ! Votre chambre vous y attend ;-)
Rédigé par: cathy nivez | 13 novembre 2008 à 22:03