Remous chez Yahoo!
En proie au doute face à la montée continue de
Google, Yahoo! annonce une réorganisation du top management. Dan Rosensweig le
numéro deux (COO) et successeur potentiel du big boss Terry Semel (64 ans), est
sacrifié sur l'autel des mauvais résultats (37% de baisse du profit au
dernier trimestre). C'est Sue Decker, la patronne des finances (CFO)
qui tire les marrons du feu en prenant aussi la direction des opérations
commerciales. Les medias américains la présentent désormais comme la
future patronne de la société.
Cette réorganisation était inévitable pour calmer les marchés choqués
par la baisse de l'action de 30% depuis le début de l'année, et après
la récente fuite d'un memo interne très remarqué dans lequel Brad Garlinghouse, l'un des dirigeants américains, dénonçait les symptômes de la maladie de
Yahoo.
Ces symptomes restent entiers, et il faudra plus qu'un changement de
tête chez Yahoo! pour les soigner: Selon Garlinghouse, Yahoo! se disperse et fait trop de choses pour tout
faire bien ... Son organisation est bureaucratique ... Elle n'incite pas à la prise de responsabilités ... La société n'agit pas assez rapidement ... Etc etc...la liste de ses griefs est longue. Je ne suis pas resté longtemps dans mon job de Président de Yahoo! Europe en 2004, mais suffisamment pour savoir que Brad n'a pas tort.
J'ajouterai que comme -en plus- la société manque de visionnaires produit, la création de nouveaux services Internet se
passe souvent ailleurs, dans les startups.
Justement, les startups ça se rachète! Mais Yahoo! qui s'était fait le champion des acquisitions en 2004 et 2005 avec successivement le rachat d'Overture/Inktomi, Kelkoo, Delicio, Flickr... a
raté les deals récents: Youtube vient d'être acheté par Google, après Myspace par News Corp. Signe de temps: Simon Levene le responsable
du Corporate development Europe (= responsable des acquisitions), a quitté Yahoo! pour rejoindre
Accel Partners...un VC.
Chers amis de Yahoo! c'est en vous-mêmes que vous devrez trouver les moyens de votre renaissance.

Tu oublies un point important au sujet des rachats de startup Pierre. On a l'impression que la valeur de beaucoup de ces boites atteint un pic au moment des acquisitions, puis stagne ou n'évolue plus autant que promis. l'intégration a la pieuvre bureaucratique fait perdre une grosse partie de créativité. Le prix des acquisitions est basé sur un futur prometeur mais qui se révèle beaucoup moins glorieux. Cela coute trés cher au final. Un peu comme une indigestion aprés un repas copieux et succulent dans un resto hors de prix :)
Rédigé par: Elvico | 07 décembre 2006 at 03:57
Je me cite à nouveau (cf post googleisation du monde). On ne sait jamais, des fois qu'un yahootien lise ce blog, vu qu'ils ne lisent pas leurs emails:
"Ce n'est que justice. Les têtes pensantes de Yahoo sont carrément à coté de la plaque concernant les liens sponsorisés, qui est quand même le nerf de la guerre: le mot clé coute 0,15 euros minimum chez yahoo là où google fait débuter les enchères à $0.01.
Résultat: j'achète, et rentabilise, pour $3000 dollars par mois un certain mots clé chez google à $0.04, et rien chez yahoo tout simplement parceque ce n'est non rentable. Vu que personne d'autre n'achète ce mot-là chez yahoo, pour le bonne raison que personne ne peut le rentabiliser à ce prix, et bien yahoo se garde ses mots clés et nous notre argent..."
Rédigé par: | 07 décembre 2006 at 09:00
A part quelques exceptions, les grosses boites sont condamnées à laisser l'innovation aux autres, aux agiles, aux rapides, aux petits, aux malins, à sont dont la survie en dépend; elles dépensent leur energie en interne, à essayer de gérer leur masse musculaire titanesque et la mettre en mouvement de façon coordonnée dans une optique de résultat trimestriel. Une bonne stratégie d'acquisition/intégration de startup est donc la clé. A mon sens d'ailleurs, Google va bientot devenir un Yahoo et crouler sous son propre poids de dinosaure. Pour innover, l'idéal est que le décideur (celui qui peut engager l'argent et l'avenir de la boite) ait LA VISION du produit, du service, de l'innovation. Ex: Steve Jobs chez Apple... et il n'était pas l'ancien CFO de la boite ;-)
Rédigé par: JMP | 07 décembre 2006 at 10:20
"Chers amis de Yahoo! c'est en vous-mêmes que vous devrez trouver les moyens de votre renaissance."
On y travaille! Yahoo! a les talents en interne; je suis sur que 2007 sera l'annee de LA VISION, chère a JMP :-)
Rédigé par: Seb | 07 décembre 2006 at 10:43
La principale difficulté lorsqu'on est entrepreneur et dans le web (sociale / 2.0 / blog) est à mon sens d'intéresser ces géants du web... je me demande souvent si les HQ de google, yahoo ou msn lisent des rss et connaissent quelques uns de ces beaux outils qui ont émergé
Rédigé par: Sylvain | 07 décembre 2006 at 11:37
Ta réponse fait plaisir, Seb. Typiquement, je trouve qu'avec Yahoo Answers, vous avez fait très fort en Europe... Innovation locale d'une petite équipe (de Ed, en Corée, si g bonne mémoire) en marge de la stratégie globale, intélligemment reprise en Europe avec succès. Service génial.
Rédigé par: JMP | 07 décembre 2006 at 12:00
En effet, la situation ne s'arrange pas chez yahoo. J'avais noté et commenté l'info le mois dernier http://www.ozzeo.com/2006/11/21/changement-de-cap-chez-yahoo/
Rédigé par: Vincent | 08 décembre 2006 at 11:09