Comme vous sans doute je suis préoccupé par la crise en cours. Je lis énormément d'analyses pour comprendre, alors je me suis dit que j'allais en faire une petite synthèse personnelle.
Commençons par nous mettre d'accord sur les causes.
Petit rappel du début du film
1/ La crise de 2008 a commencé par une crise de la dette des particuliers, sur-endettés, notamment aux US avec les crédits immobiliers incontrôlés.
Cette crise immobilière a touché d'autres pays comme la Grande-Bretagne et l'Espagne, et a menacé de mettre en faillite le système bancaire mondial du fait de la circulation de la dette sous la
forme de produits financiers pourris, les sub-primes.
2/ Pour sauver les banques de la faillite, et compenser la chute de la consommation des particuliers, les Etats ont dépensé des sommes considérables, qu'ils ont empruntées.
3/ La dette des Etats a ainsi augmenté de 30% environ en 3 ans.
4/ La dette accumulée résulte de décennies de déficits d'Etats qui dépensent davantage que les impôts qu'ils collectent.
5/ Certains Etats sont tellement surendettés (Grèce, ...) qu'ils ne peuvent même plus payer les intérêts de leur dette.
Rappelons que les Etats ne remboursent pratiquement jamais leur dette, ils se content de payer les intérêts, et de renouveler les emprunts à l'échéance.
Crise de la dette souveraine de la zone euro
6/ La confiance en la solidité des Etats étant ébranlée, de moins en moins de personnes sont prêtes à continuer à leur prêter.
Les Etats sont donc obligés d'offrir des taux d'intérêt de plus en plus élevés pour attirer quand même des prêteurs.
7/ Ayant à payer des charges d'emprunt plus élevées, les Etats creusent encore plus leurs déficits.
Facteur aggravant: avec la hausse des taux d'intérêt, la valeur des emprunts d'Etats existants, émis à des taux plus bas, diminue.
Cette diminution cause des pertes considérables aux prêteurs -notamment les banques- , et ces pertes devront être comblées, par les actionnaires ou les contribuables. Sinon le système
financier s'effondrera.
8/ Pour réduire leur déficit, les Etats font des économies. Cela diminue la croissance, et donc les impôts qu'ils pourront collecter ultérieurement.
De plus en plus de charges, de moins en moins de recettes, malgré des niveaux records d'imposition: c'est un cercle vicieux, tout est en place pour une faillite.
Les cigales et la fourmi
Un seul grand pays d'Europe surnage, car il a été mieux géré et son industrie est plus compétitive: l'Allemagne.
Que l'Allemagne s'en sorte mieux que les autres, ce n'est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c'est l'euro, qui empêche les pays moins performants de faire appel à la dévaluation de leur
monnaie pour relancer leurs exportations.
Coincés, les Etats de la zone euro qui ont dépensé sans compter réclament l'aide de l'Allemagne.
Comme dans La cigale et la fourmi de La Fontaine, celle-ci se fait prier, évidemment...
L'Allemagne a accepté la création du fonds européen de stabilité financière pour acheter les emprunts d'Etat dont personne ne veut, mais résiste au projet de créer des euro-obligations pour
mutualiser la dette future.
Elle refuse d'autoriser la BCE à faire fonctionner la planche à billets au-delà de ce qu'elle fait déja (200 milliards de dette souveraine plus ou moins pourrie rachetée sur les marchés).
La vérité, c'est que l'Allemagne n'a pas les moyens de financer toute l'Europe, sauf (peut-être) si les pays-cigales se transforment en fourmis.
Merkel, qui ne fait pas confiance aux pays endettés pour se désintoxiquer tous seuls, explique donc que la "seule" solution à cette crise est un transfert de pouvoirs des Etats
vers l'Europe, afin de mettre sous contrôle les pays dépensiers.
A cette condition seulement, elle pourrait envisager de prendre le risque financier d'une mise en commun des dettes.
Fuite en avant? ou retour en arrière?
Un tel saut vers l'intégration européenne, vers une Europe fédérale, serait-il approuvé par les peuples, si on leur posait la question? j'en
doute.
En réalité, quoi qu'en dise la pensée unique dans les medias, il y a bien une alternative: abandonner l'Euro.
Les pays sur-endettés devraient quand même faire les économies qui s'imposent. Mais ils pourraient aussi utiliser l'arme de la dévaluation de leur monnaie nationale pour rétablir leur
compétitivité.
C'est l'heure de vérité pour l'Europe: soit la fuite en avant vers une Europe fédérale, soit le retour en arrière vers les nations.
Je ne ferai pas de pronostic.
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