Le blog de Pierre Chappaz
Figurez-vous que j'ai eu, il y a quelques jours, la visite d'Eric Walter le secrétaire général d'Hadopi, qui est venu chez moi près de Nice avec Clémence Fournier sa directrice de la com. Au début quand il m'a contacté j'ai été interloqué par sa proposition de rencontre, je me demandais "mais que veux-t-il?", il avait sans doute remarqué mes prises de position vigoureusement opposées à cette loi, mais bon, que venait-il chercher?
Après un déjeuner ensemble et quelques heures de discussion assez approfondie, j'ai découvert un personnage plutôt sympathique et habile, mais je ne suis guère plus avancé. Visiblement, il réfléchit à la com d'Hadopi en prévision du début imminent des campagnes d'emails destinées à faire peur aux vilains téléchargeurs.
Je lui ai évidemment rappelé que côté com, Hadopi était mal parti avec la très choquante première version de la loi heureusement retoquée par le Conseil Constitutionnel, l'absence totale d'écoute face à la révolte des internautes et des blogueurs, etc. Je lui ai d'ailleurs conseillé de poursuivre le dialogue avec ses opposants, des blogueurs par exemple (j'ai mentionné Korben ...Manu il a paru interessé à te rencontrer, si ça te tente dis-moi que je te mette en contact), et aussi les défenseurs de la liberté du Net comme la Quadrature du Net ... là, Eric a plus de mal ...
Dans le détail, il m'a expliqué que le logiciel de sécurisation des routeurs Wifi était enterré, que les internautes poursuivis pourraient se défendre, ... mais aussi qu'Hadopi ne disposera d'aucune donnée quantitative pour distinguer les téléchargeurs professionnels des occasionnels car ils vont procèder par sondages... voir par exemple qui a téléchargé le dernier Avatar ... hum! c'est ennuyeux pour la com ça de ne pas pouvoir distinguer la petite infraction amateur et le pro du téléchargement massif! c'est un peu comme si on condamnait un fumeur de joint comme un dealer ... est-ce bien réaliste?
Sur le fond, je soupçonne ce libéral de ne pas être très à l'aise avec le rôle répressif qui est le sien. Son rêve secret est certainement de ne pas avoir à couper une seule ligne Internet. Compte-t-il obtenir une baisse des téléchargements grâce à la simple peur du gendarme?
On verra si ça marche ... mais cet homme-là sera malheureux s'il se trouve co-responsable de l'éviction du réseau de milliers (dizaines de milliers?) d'internautes.
Lié par ma promesse de "no-blogging", je ne vous reporterai pas le reste de nos discussions sur Sarkozy, les lobbies des majors, et Internet. Dommage ;-)
Je reprends en titre de ce billet l'intitulé de l'Express pour qualifier l'Appel pour le droit à l'anonymat des blogueurs que nous avons lancé, déja signé par 1400 personnes, blogueurs ou non (au fait, et vous, vous avez signé?).
La mobilisation des blogueurs est impressionnante, je vois déja plus de 200 billets sur une recherche Masson sur Wikio
Certains se demandent si nous n'en faisons pas trop, si nous n'exagérons pas la menace. Je ne crois pas, la funeste proposition a déja trouvé un rapporteur au Sénat, elle avance, et elle est bien - malheureusement - dans l'air du temps. Rien n'est plus tendance chez les politiques que l'Internet bashing.
D'autres se sont demandés, à la lecture du texte de loi (dont la rédaction est alambiquée), si Masson envisageait réellement d'imposer aux blogueurs la publication non seulement de leur nom et de leur email, mais aussi de leur adresse et de leur téléphone.
Voici ce qu'en dit Maître Eolas, notre bien-aimé avocat blogueur anonyme, en commentaire chez Nicolas:
Ne vous focalisez pas sur la seule mention lisible de la proposition de loi qui ajoute la mention d'une adresse électronique du directeur de la publication sur les sites professionnels. Ça
n'a aucun intérêt, puisqu'en pratique c'est fait depuis longtemps.
L'important est le 2e alinéa qui impose aux non professionnels les mêmes mentions que les professionnels. Ces mentions figurent à l'art. 6, III, 1 de la LCEN : leurs nom, prénoms, domicile et
numéro de téléphone. Yep, le téléphone aussi.
No Pasaran! Continuons à défendre le droit à l'anonymat sur Internet jusqu'au rejet de la
proposition Masson!
Comme je l'avais fait remarquer en Mars, l'audience de Twitter plafonne, cependant que Facebook - pourtant beaucoup plus gros - bénéficie d'une croissance encore forte. C'est finalement normal, en gros nous avons d'un côté le réseau social des blogueurs et des journalistes d'un côté, de l'autre le réseau de Monsieur Tout-le-monde. Voici les chiffres de Compete, il s'agit des US.
Comme vous savez sans doute je suis le fondateur de Kelkoo. En 1999, créer un comparateur de prix c'était révolutionnaire! et c'est vrai qu'Internet et les comparateurs de prix ont complètement transformé le rapport de force entre les vendeurs et les consommateurs, désormais bien mieux informés.
Avec les équipes de Wikio nous avons développé une nouvelle génération de comparateur de prix. Sur Wikio shopping vous trouvez tous les prix, mais aussi tous les avis de consommateurs, les tests, les vidéos du produit recherché, les accessoires.
Wikio shopping est un comparateur 2.0 qui mérite je crois d'être mieux connu.
Essayez-le par exemple si vous envisagez d'acheter un appareil photo numérique: gain de temps et d'argent garanti!
Le commerce a bien changé ...
La proposition de loi du Sénateur Masson visant à supprimer le droit à l'anonymat des blogueurs m'inquiète.
Les politiques, qui ne comprennent rien à Internet faute de l'utiliser, sont en permanence tentés de restreindre cet espace de liberté qui les gêne tant.
Les blogueurs qui choisissent l’anonymat le font pour des raisons liées à leur vie professionnelle ou personnelle. Sans cet anonymat beaucoup arrêteraient de bloguer.
Il ne faut pas croire que cette proposition de loi est une lubie: en Allemagne, les blogueurs sont déja, comme le propose Masson, obligés d'indiquer leur nom et leurs coordonnées sur leur blog!
Le résultat c'est que la blogosphere allemande est peu active: il y a moins de blogs qu'en France, moins de commentaires, ...
Il faut rappeler aux politiques que la loi existante (LCEN) apporte déja une protection efficace contre les dérives possibles, diffamation ou propagation de fausses nouvelles.
Arrêtons donc cette surenchère législative nuisible aux libertés!
Avec Frédéric Montagnon d'Over-blog, Jean-Baptiste Clot de Canalblog, Philippe Pinault de Blogspirit/Hautetfort, Tristan Nitot de Mozilla Europe, Jeremie Zimmermann et Philippe Aigrain de
La Quadrature du Net nous lançons un appel pour défendre le droit à l'anonymat des blogueurs.
Mise à jour: Olivier Creiche, PDG d'EZ Embassy (distributeur du service TypePad) et Jean-François Julliard, secrétaire-général de Reporters sans frontières (RSF) ont choisi de se joindre à
l'Appel, je les en remercie.
Pour soutenir cet Appel, cliquez ici!
Il n'a pas été facile de filmer durant ces trois jours de folie dans le Nose.
Mais nous avons tout de même ramené suffisamment d'images pour vous plonger dans l'ambiance de la plus célèbre grande voie d'escalade du Monde.
Prêt? attachez votre ceinture baudrier!
..........................................J'en ai rêvé pendant si longtemps ... et voila que nous l'avons réalisé! L'escalade de
la voie du Nose d'El Capitan au Yosemite, certainement la plus connue des très grandes voies d'escalade du Monde.
Je viens de rentrer des US, j'en suis encore à essayer de retrouver mes esprits et il ne s'agit pas que du décalage horaire. Je suis sur un petit nuage. Je me demande si cette expérience hors-normes m'a changé, et ce qu'elle a changé. Il va me falloir un peu de temps pour revenir sur terre... Pour vous faire partager cette aventure, je vais m'efforcer de monter les quelques bouts de video que j'ai ramené. En attendant voici un premier aperçu.
Cette escalade, je l'ai vécue avec Thomas Grenier, ou grâce à lui plutôt, puisque c'est lui qui a grimpé en tête de
bout en bout. Thomas est un fort grimpeur qui a tout juste 28 ans, nous avons fêté son anniversaire durant l'ascension! En 2000 il faisait de la competition, il a été vice-champion de France
universitaire, et 3e aux championnats d'Europe junior.
Son niveau (8a) lui a tout juste permis de déjouer les obstacles de
cette voie, qui s'est avérée plus dure que nous ne l'imaginions. Il faut dire que lui comme moi nous sommes davantage habitués à grimper sur les gratons des falaises calcaires françaises, que
dans les fissures granitiques du Yosemite. Ce sont vraiment deux types d'escalade extrèmement différents. Et puis Thomas était lesté de 10 ou 15 kilos de friends (coinceurs pour l'assurance) et
tirait deux cordes de 70 mètres, l'une pour moi, l'autre pour le sac. Car nous emmenions avec nous un sac de 40 kilos contenant nourriture, eau et sacs de couchage... l'escalade s'est vite
transformée en épreuve de logistique, et nous avons essentiellement grimpé en artif sur friends, au-delà des premières longueurs.
Notre première tentative a été un échec: partis trop tard et pas assez rapides, nous sommes arrivés au premier bivouac en pleine nuit, à 23h, après 400 m de paroi. Evidemment nous nous sommes réveillés fatigués le lendemain, et nous avons constaté avec horreur que nous n'avions pas monté assez d'eau pour continuer encore 2 jours au minimum. Il faut compter un gallon d'eau par jour et par personne (soit près de 4 l), sachant qu'il peut faire très froid dans la paroi mais aussi très chaud! D'un commun accord, nous avons décidé de redescendre nous reposer dans la vallée et analyser les raisons de notre échec: état d'esprit pas assez positif et déterminé, sac mal rangé, départ trop tardif, lenteur dans les traversées, ...
48 heures plus tard, nous sommes repartis à l'assaut dés l'aube, beaucoup plus concentrés pour aller vite, avec une volonté de réussir nourrie par la philosophie toltèque de la parole impeccable (je venais de finir l'excellent livre "les quatre accords toltèques"). La parole impeccable, dans notre cas, cela signifiait regarder et dire les choses positivement, s'encourager mutuellement à réussir, plutôt que s'apitoyer sur les difficultés de la voie et l'inconfort des bivouacs.
L'ascension du Nose nous a pris 3 jours, pendant lesquels nous avons grimpé 41 heures, et bien peu dormi. Nous avons flirté avec nos limites physiques et mentales. Nous sommes arrivés en haut après 900 m de paroi verticale au bord de l'épuisement, mais heu-reux! Nous avions fait Le Nose, autant dire La Mecque pour les grimpeurs. Voici quelques photos de l'aventure.
Traversée difficile au-dessus de Sickle Ledge
Bivouac sur Dolt Tower lors de notre première tentative. De loin le meilleur bivouac de la paroi.
Dans la longueur qui précède le Grand Toit.
Vers Changing Corners ...
Imaginé fin Janvier, le projet E-Blogs de revue européenne des blogs est enfin en ligne, sur Wikio France dans un premier temps, et sur nos autres sites européens dans les jours à venir.
Cathy a travaillé dur avec son équipe de traducteurs et d'éditeurs, pour motiver les blogueurs des différents pays, recruter des traducteurs dans toute l'Europe, sélectionner les
meilleurs billets, vérifier les traductions ... le résultat est là: désormais tous les jours vous pouvez lire des billets de blogueurs anglais, espagnols, allemands et italiens, traduits
en français! N'est-ce pas passionnant de savoir de quoi parlent les blogueurs des différents pays? --> Allez-y, je suis sûr que vous ne serez pas déçu!
Yosemite. Paroi d'El Capitan.
J'ai découvert pour la première fois cette paroi à 17 ans, et je me suis dit qu'un jour je la grimperais. Au moins une fois dans ma vie.
El Capitan c'est La Mecque des grimpeurs, l'une des plus grandes et des plus magnifiques parois du Monde. Une paroi belle à en pleurer, qui parait presque inaccessible au commun des grimpeurs comme moi.
Après plusieurs séjours au Yosemite durant lesquels j'ai fait l'expérience de quelques medium walls, comme le East Buttress d'El Capitan en Octobre dernier, et pas mal d'entrainement, je me sens prêt pour le big wall.
En route pour le Nose avec mon ami Thomas! Le Nose, c'est la voie la plus connue d'El Capitan, 1000 mètres très difficiles. Nous devrions passer 4 jours dans la paroi avant d'arriver espèrons-le en haut.
Que la force (et la météo) soit avec nous.
En attendant de vous ramener peut-être quelques images, voici deux belles vidéos pour partager l'ambiance.
See you soon!
Le Big Swing, l'un des passages-clés de la voie. L'ambiance de La Mecque des grimpeurs: le Yosemite!J'ai vu beaucoup trop de slides Powerpoint aujourd'hui en réunion des managers Wikio...
Heureusement elles n'étaient pas aussi compliquées que celle-ci, qui est extraite d'une présentation destinée au General McChrystal, chef des forces armées américaines en Irak.
Commentaire du général:
“When we understand that slide, we’ll have won the war”
Source NYtimes
Pour les startups qui ont de l'ambition, je suis un grand partisan de la croissance externe. Pourquoi? parce que cela permet de réunir au sein d'un même projet, au service d'une même vision, des entrepreneurs et des experts qui chacun excellent dans leur domaine*. L'Union fait la force!
Le groupe Wikio poursuit donc sa croissance externe.
Après les deux plateformes de mise en relation des blogueurs et des annonceurs E-Buzzing en France (décembre) et Promodigital en Italie (mars), c'est Neotia, l’un des spécialistes français du Buzz Monitoring qui nous rejoint.
En associant les compétences de Wikio, spécialiste des blogs et des medias sociaux, et celles de Neotia, nous avons créé une solution très performante pour la mesure d’influence et d’analyse de la réputation en ligne.
Jean-Pierre Colomb, directeur général et fondateur de Neotia, explique très bien les synergies: "Fondée en 2005, Neotia analyse l'influence des marques et mesure l'impact des campagnes de buzz. Grâce à Wikio, nous avons dorénavant accès à plus d’un million de sources d’information qualifiées et segmentées ainsi qu’à une technologie de pointe dans les domaines de l’analyse sémantique et du calcul d’autorité des blogs et des réseaux sociaux."
Nos équipes commerciales d'E-Buzzing vont ainsi proposer aux agences une solution encore plus complète pour analyser l'influence des marques, surveiller la réputation des entreprises et engager la conversation avec les médias sociaux : blogs, forums, et réseaux sociaux.
La solution de e-réputation issue de la fusion Neotia-Wikio sera commercialisée sous la marque Wikio.
*Ainsi chez Kelkoo nous avions fait successivement 6 opérations en France et en Europe pour créer le leader du shopping européen.Je viens d'avoir 51 ans, et cela fait plus de trente ans que je grimpe. L'escalade est une passion, je suis complètement accro, quand je reste plusieurs semaines sans grimper je sens le blues qui s'installe.
L'escalade est pour moi irremplaçable, c'est une discipline physique et mentale qui me permet de vivre pleinement l'instant. Un art du geste, de la maîtrise de soi, de
l'endurance aussi. L'art de choisir la voie la plus difficile et la plus esthétique, en jouant avec ses propres limites sans tout à fait les franchir. Car l'escalade est aussi une éthique: sauf
en dernière extrémité il n'est pas question de faire appel à une prise artificielle pour progresser, ni même pour se reposer.
Pour fêter mon anniversaire, je suis allé grimper au Cap Canaille avec mon ami Stéphane. C'est à côté de La Ciotat, dans le prolongement des merveilleuses
Calanques qui s'arrêtent à Cassis.
Mais le rocher n'a rien à voir avec celui des Calanques, c'est une succession de strates très différentes, allant d'un calcaire blanc immaculé et fragile
, à
un improbable pudding de galets qui forme les grands surplombs de sortie. La vue sur la mer et sur les Calanques est incroyable, la nature intacte, la grande bleue sous nos pieds, les lumières de
la méditerranée...
Je ne sais jamais si dans l'escalade je préfère grimper - phase de concentration, de mouvement, de souplesse et d'effort - ou si c'est le repos au relai qui me satisfait le plus. Pendant que le partenaire grimpe, rester immobile, comme suspendu dans les airs à observer le paysage, les oiseaux, les bateaux sur la mer si bleue, le soleil qui se déplace sur les rochers ...
Sport de concentration ou sport de contemplation?
L'impact de Twitter et de Facebook sur la blogosphere est un sujet déja maintes fois débattu. Mais je voudrais y revenir pour réfléchir avec vous au nouvel écosystème de l'information qui se met en place, et essayer de discerner quelques pistes pour l'avenir.
1- Moins de jeunes blogueurs et davantage de trentenaires
Un étude américaine de l'institut Pew montre que les jeunes se détournent largement du blogging au profit de Facebook, cet hotel communautaire
ou il fait si bon socialiser, chatter, draguer, ou simplement partager des photos.
Certaines formes de blogging, on pense aux Skyblogs en France, on pris cette évolution de plein fouet. Chez Canalblog ou Overblog, d'après ce que j'en sais, un pic de créations de nouveaux blogs a été enregistré en 2007-2008 , et depuis cette date le flux de nouveaux blogs se maintient.
Dans la tranche des 18-29 ans, on constate une évolution similaire à celle des ados.
Mais la tendance s'inverse pour les plus de 30 ans, ce qui est intéressant. Les trentenaires bloguent moins que les plus jeunes (manque de temps disponible?), mais ils bloguent de plus en plus. Avec une tendance à préfèrer avoir leur chez soi numérique (leur blog), plutôt que d'habiter à l'Hotel (les réseaux sociaux).
2- Le Futile, Le Bouche-à-Oreille et l'Information
Avant Facebook et Twitter, il me semble qu'on pouvait discerner trois grands types de contenu sur les blogs.
*Le Futile: ma vie, mes photos, mes humeurs.
*Le Bouche-à-Oreille: ce que j'aime et n'aime pas, les articles qui m'ont tapé dans l'oeil (et sur lesquels je peux éventuellement réagir)
*L'Information et l'Opinion: mes infos (souvent originales si je suis un expert ou un passionné), mes avis, mes analyses, mes débats.
Comment est-ce que Facebook et Twitter ont changé tout ça?
Les Skyblogs ont pratiquement disparu, les journaux intimes tenus sous forme de blog sont moins nombreux car Facebook a réalisé une OPA sur le
Futile. Je ne veux pas dire par là qu'on ne trouve que du futile sur Facebook, mais c'est son point fort. L'étude Pew mentionne d'ailleurs que Facebook, qui génère davantage de trafic
que Google News (mais moins que Google, bien sûr) sur les sites de presse, renvoie surtout du trafic vers des medias people.
Dans le Bouche-à-Oreille, ce qui est important c'est la rapidité. Une info ne vous intéresse que si vous ne l'avez pas déjà entendue. D'ou l'éternelle précipitation des journalistes, puis des blogueurs, à être les "premiers" sur l'info. Google ne s'y trompe pas, qui indexe durablement mieux les sites qui se sont positionnés les premiers sur un certain type d'info. Voyez la ruée actuelle pour se placer sur les termes liés à l'Ipad. Mais en matière de rapidité, le temps réel introduit par Twitter a changé la donne: rien ne va plus vite que Twitter pour diffuser une info sur le Web. Malgré les efforts de Google et d'autres acteurs pour accélèrer la vitesse de diffusion des flux RSS, il se produit un basculement du lectorat des lecteurs RSS vers Twitter, qui a mis la main sur le Bouche-à-Oreille.
En revanche, pour l'Information et l'Opinion, le blog reste irremplaçable. Essayez donc de résumer ce billet en 140 caractères! Je ne l'aurais pas davantage rédigé sur Facebook. Quoi qu'on en dise à chaque nouveau tremblement de terre, les réseaux sociaux sont essentiellement des caisses de résonance. Peu d'information y est produite, c'est surtout de distribution de l'info qu'il s'agit.
Il me semble donc que s'il y a moins de blogs, il n'y a pas moins de blogs de qualité, au contraire. Les publications sur les blogs sont devenues plus réfléchies, plus élaborées. Les meilleurs blogs d'information et d'opinion jouent dans la même ligue que les medias professionnels, avec une touche d'authenticité en plus car il s'agit de medias véritablement personnels, ou le blogueur écrit seulement quand il en a envie, sans avoir de comptes à rendre à un rédacteur en chef. Pour se convaincre de la qualité de ces blogs, il suffit de parcourir les plus connus sur des thèmes de société, de culture, de droit, d'international, de science ...
3- Quelles conséquences?
Tenir un blog reste et restera le meilleur moyen pour diffuser ses idées sur Internet, le point d'ancrage pour échanger avec la communauté.
Les blogs, Facebook, Twitter, sont des medias sociaux: ils alimentent une conversation désormais éclatée en différents lieux, et donc malheureusement un peu décousue. Sur Twitter, l'échange d'arguments trouve vite son terme en 140 caractères. Sur Facebook les commentaires sont parfois plus étoffés, mais beaucoup se limitent à un clic sur j'aime/j'aime pas. La communauté qui suit les blogueurs, comme vous qui me suivez sur Twitter, Facebook ou sur via mon Flux RSS, s'aggrège sur l'une ou l'autre des plateformes au gré des rencontres. Mais sans conteste, le blog reste le lieu des échanges les plus argumentés et suivis.
Le grand chamboulement causé par Facebook et Twitter concerne la distribution de l'information. Hier encore les visites sur les blogs ne provenaient que de Google et des flux RSS, aujourd'hui il faut compter avec les réseaux sociaux, devenus une sorte de revue de presse communautaire, plus ou moins désordonnée. Les moteurs de recherche, comme Google, et les services de suivi de la blogosphere doivent impérativement évoluer pour suivre les liens: autrefois publiés sur les blogs, beaucoup de liens sont désormais publiés sur Twitter et sur Facebook. Ces liens qui sont l'expression de l'intelligence collective vont d'ailleurs permettre de construire une nouvelle génération de services pour suivre l'information. L'ami Jean y travaille ...
Après avoir longtemps vécu en Suisse, je suis rentré en France l'an dernier en faisant confiance au bouclier fiscal.
Aujourd'hui, ce bouclier est remis en cause de tous les côtés.
Que les socialistes fassent assaut de démagogie contre le bouclier fiscal qui limite les impôts à 50% des revenus, on peut comprendre. Pour la gauche, "faire payer les riches", c'est génétique. Et sans limites."Tant que la situation budgétaire n'est pas assainie" ? Comme le budget français est en déficit depuis 30 ans, et que ce n'est pas prêt de s'arranger, Fourcade aurait pu avoir l'honnêteté de dire qu'il proposait la suppression et non la suspension du bouclier.
Erreur de diagnostic
Ces élus de droite se trompent de diagnostic. Leur électorat s'est abstenu aux régionales parce que Sarkozy n'a pas tenu ses promesses. En fait de rupture, c'est sa politique consistant à donner en permanence des gages à la gauche qui est en rupture avec sa campagne de "droite décomplexée".
Les électeurs de 2007 avaient voté pour remettre la France au travail, en mouvement. Pas pour assister à des nominations en cascade de personnalités de gauche sur le retour, à des augmentations d'impôts (taxe carbone, taxe ceci, taxe cela), au remplacement du RMI par un RSA encore plus coûteux, à la loi Hadopi, etc.
Certes, Sarko a pris quelques bonnes mesures, qu'on peut qualifier de droite, comme la réduction du nombre de fonctionnaires, la statut de l'auto-entrepreneur, l'autonomie des universités. Mais le compte n'y est pas. Ainsi, rien de sérieux n'a été fait pour s'attaquer au niveau record des charges sociales, qui pénalise l'embauche et diminue les salaires nets. Ou est le débat sur ce sujet pourtant crucial?
Revenons au bouclier fiscal. Est-ce une mesure de droite?
Le socialiste espagnol Zapatero a supprimé l'impôt sur la fortune. C'est plus courageux qu'une mesure comme le bouclier, qui vise seulement à limiter les effets de cet impôt, sans y mettre fin.
La suppression de l'impôt sur la fortune (ISF) a été décidée dans les huit autres pays de l'Union européenne où il était en vigueur en 1994, ce n'est pas un hasard! car son rendement est négatif: il rapporte moins que que ce qu'il coûte du fait de la fuite des contribuables. Supprimer l'ISF, ce serait donc une mesure de bon sens.
En 2007, Sarkozy n'a pas osé le proposer, sans doute inquiet de toucher un tel tabou. Aurait-il dû le faire, plutôt que de promouvoir un bouclier destiné à le neutraliser sans le dire? la réponse n'est pas évidente. L'idéologie dominante en France reste celle de la gauche. Le poids de l'Etat et l'assistanat généralisé sont au niveau d'un record mondial.
Avec un vrai programme de droite Sarkozy n'aurait peut-être pas été élu en 2007. Mais ce qui est sûr, c'est que s'il cède sur un thème aussi symbolique que le bouclier fiscal, il ne sera pas réélu en 2012.
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